‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 306 sur 397 · CHAPITRE XXXIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIY

pÉxnoNE.

Poëme de la guerre civile. — Le Satyricon. — Vie de Pétrone. — Authenticité du Satyricon. — Pétrone et les déclamateurs.

JPo?me de la Cuerre civile.

Le succès de la Pharsale dut empêcher Néron de dormir. Un favori de Néron, qui avait gardé les bonnes grâces du maître quand Lucain les avait déjà perdues, voulut montrer que la Pharsale n’était pas un chef-d’œuvre, et entreprit de traiter à son tour le même sujet. Nul doute qu’il ne l’ait fait pour plaire à Néron ; quant à l’intentio* de nuire à la renommée de Lucain, elle ressort manifestement de la préface critique où l’auteur expose le plan de son poème ; « Mes enfants, dit Eumolpe, il y a bien de fausses vocations en poésie. Le premier venu, une fois qu’il a fait tenir un vers sur ses pieds, et enchâssé dans un cercle de mots une idée plus ou moins délicate, croit avoir de plein saut escaladé l’Hélicon. Ainsi on voit des gens qui se sont longtemps exercés aux luttes du barreau se réfugier bien souvent au sein paisible de la poésie, comme en un port plus accessible, se figurant qu’une épopée est plus facile à construire qu’un plaidoyer enluminé de petites sentences scintillantes. Mais un esprit animé d’un peu nobles sentiments répugne à ces colifichets; et l’imagination ne saurait ni concevoir ni enfanter, à moins d’avoir été inondée d’un vaste fleuve de littérature. Il faut fuir, dans les termes, tout ce que j’appellerai bassesse. Il faut prendre ses expressions autre part que la foule, et savoir dire ; Je hais et repousse le profane vulgaire. En outre, il faut s’interdire ces

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