CHAPITRE XXXVIII
QUIXTILIEN.
Renommée de Quintilien. — Vie de Oointilien. — Ouvrages de Quintilien. — L’institution oratoire. — Quintilien et la déclamation. — Le chapitre premier du dixième livre. — Que le Dialogue des Orateurs n’est pas de Quintilien. — Les personnages du dialogue. — Intérêt historique et littéraire du Dialogue des Orateurs.
Reooiunié« de QulnUlien.
Le livre de Quintilien est un bon livre. C’est l’œuvre d’un homme de beaucoup de talent, d’esprit et de goût, d’un penseur à la fois ingénieux et solide, d’un maître expérimenté, d’un habile écrivain. Mais enfin ce n’est, comme l’indique le titre, que V Institution oratoire, c’est-à-dire un traité de l’éducation de l’orateur, ou plutôt de l’avocat, c’est-à-dire une rhétorique. Gomment se fait-il donc qu'un simple rhéteur, que l’auteur d’un ouvrage tout technique, où l’invention n’est rien ou presque rien, ait conquis une réputation de génie, et qu’il balance, dans la postérité, les plus illustres renommées ? Gomment se fait-il que le nom de Quintilien vienne encore dans tant de bouches avec le nom même du grand Cicéron, comme s’il s’agissait des deux jumeaux de l’éloquence ’? C’est un problème que le livre tout seul ne suffit point à résoudre. Le nom de Quintilien n’est pas seulement le nom de l’auteur de l’Institution oratoire : c’est celui du chef de l’école classique; c’est celui d’un avocat éminent; c’est celui du plus fameux professeur qui eût jamais enseigné les belles-lettres à Rome. Quintilien était depuis longues années à l’apogée de la célébrité, quand il céda aux instances du libraire Tryphon, et publia les leçons qu’il avait rédigées pour son ami Marcellus. Il y avait longtemps que Martial avait salué, dans ce modérateur de la jeunesse, la gloire de la toge romaine. Un bon livre, composé par cet homme honoré, ne pouvait être reçu qu’avec un applaudissement uni-