CHAPITRE XXXrX
études que le temps du baiu. Quand je dis du bain, je parle du temps qu’il passait dans l’eau. Car, tandis qu’on le frottait et qu’on l’essuyait, il écoutait ou dictait quelque chose. En voyage, c’est à cela qu’il employait tous ses instants, comme s’il eût été débarrassé de tout autre souci. 11 avait, à son coté , un secrétaire avec un livre et des tablettes. En hiver, ce secrétaire se garantissait les mains avec des mitaines, ahn que la rigueur même de la saison ne fit pas tort à ses études. C’est pour cette raison qu’à Rome même, il se faisait porter en litière. Je me rappelle avoir été grondé par lui pour m’être promené : « Tu pouvais, dit-il, ne pas « perdre ces heures-là. » C’est grâce à cette application qu’il a composé tous ces volumes , et qu’il m’a laissé cent soixante commentaires d’extraits, pages et revers remplis, et le tout écrit en caractères d’une finesse extrême ; ce qui multiplie encore ce nombre..,. Aussi ne puis-je guère m’empêcher de rire, quand certaines personnes me traitent de laborieux, moi qui, comparé à lui, ne suis que la paresse même'. »
Tacite, ayant à raconter, dans ses Histoires, la grande catastrophe de l’an 79, pria son ami Pline le Jeune de le renseigner avec quelque détail sur les circonstances de la mort de son oncle. La lettre où Pline le Jeune fait ce récit est la plus belle peut-être et la plus intéressante de tout son recueil’. C’est là qu’il faut voir combien Pline l’Ancien, cet homme de tant de science et de talent, était aussi un honune d’un grand caractère, d’une intrépidité à toute épreuve, d’un calme et d’un sang-froid imperturbables. Malheureusement cette lettre est beaucoup trop longue pour que nous la puissions transcrire ici tout entière; et il ne conviendrait guère de mettre en lambeaux des pages où tout se tient, dont le charme principal est dans cette continuité même, et qui veulent être lues d’un bout à l’autre.
l'ic de Pline le denne.
Pline le Jeune était le fils de la sœur de Pline l’Ancien. 11 se nommait , comme son père , Caïus Gécüius ; mais, ayant
<. Pline le Jeune, Lettres, livre 111, lettre v.