‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 350 sur 397 · C’est la seizième du VI' livre · texte numérisé non relu

C’est la seizième du VI' livre

LES DEUX PLINE

été adopté par son oncle , il s’appela désormais C. Plinius Cécilius Sécnndus. Il était né en l’an 61 ou 62, sur les bords du lac Larius, aux environs de la ville de Cûme. A l’âge de huit ans, il perdit son père, dans le temps que son oncle maternel gouvernait l’Espagne. Pline l’Ancien , à son retour en Italie, prit avec lui la veuve de Caïus Cécilius et son fils. H fut un second père pour cet enfant, l’éleva avec le plus grand soin, et le fit l’héritier de son nom et de sa fortune. Les éludes du jeune Pline, sous un tel maître , ne pouvaient manquer d’être fortes et brillantes. La passion de l’oncle pour la science passa dans l’âme du neveu. C’était presque la même ardeur : seulement les objets n’en étaient pas les mêmes. Pline l’Ancien se plaisait surtout aux questions abstruses, aux recherches d’érudition, à la contemplation des phénomènes de la nature. Pline le Jeune aimait à se renfermer dans le domaine des choses littéraires : il aspirait plus au bien dire qu’à l’immensité du savoir, ou même qu’à l’originalité de la pensée ; il était plus curieux des secrets du beau style que de ces autres secrets qu’essayait d’entrevoir son oncle, sous le voile mystérieux d’Isis.

Il fut pourtant soldat ; il alla senir une année en Syrie, avec le grade de tribun militaire. Mais, s’il suivit un instant cette carrière, c’était plutôt par bienséance que par vocation. Il n’était pas fait pour devenir, comme son oncle, chef d’armée on chef de flotte. Les emplois civils convenaient mieux à son tempérament. Il profita du moins de son voyage en Orient, pour se perfectionner dans les lettres grecques. Il ne manquait pas d’ambition , et cette ambition eut de quoi se satisfaire. Nerva et Trajan le comblèrent d’honneurs. U fut tribun du peuple, préteur, préfet du trésor de Saturne , préfet du trésor militaire, consul, augure, et enfin gouverneur de Bithynie. Il mourut en l’an 115, à cinquante-deux ou cinquante-trois ans. Il avait eu des amitiés illustres : Trajan le chérissait; Tacite le traitait comme un frère.

Caractère de Pline le denne.

Mon collègue et ami, M. J. Demogeot, a écrit une Étude sur Pline le Jeune. C’est un morceau de critique excellent,

Page 1