‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 370 sur 397 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

Misères littéraires du deuxième siècle. — Fronton et Marc Aurèle. — Aulu-Gelle, — Apulée.

msère« littéraires du deuxième siècle.

Quand Rome eut conquis l’univers, il en fut d’elle, dit la poétesse Sulpicia, comme de l’athlète des jeux d’Olympie, qui, resté seul vainqueur dans le stade, languit et s’énerve, consumant son courage dans un immobile repos. Ce repos, selon la remarque de Sulpicia, fut employé du moins au.x pacifiques travaux de la pensée. Mais le génie littéraire de Rome eut à son tour sa défaillance, et une défaillance plus profonde encore que celle où s’était jadis affaissé son génie politique. Après Juvénal, la poésie disparaît; après Pline le Jeune, l’éloquence; après Tacite, l’histoire. Le deuxième siècle, du moins à partir du règne d’Adrien, est la stérilité même. On cite pourtant un nom de poète, ou plutôt de versificateur, Flavius Avianus. Mais quel poète que cet Avianus, si c’est lui qui a rédigé les quarante-deux apologues en vers élégiaques, que d’ordinaire ou lui attribue! un poète de la force de Dionysius Caton! un écrivain presque sans esprit, et quasi-barbare! Ces vers sont si mauvais, que plusieurs critiques ont refusé d’y voir une production du deuxième siècle, et qu’ils le‘s rapportent, non point à Avianus, mais à Aviénus, écrivain du quatrième siècle. Quant au véritable Avianus, si on le dépouille des apologues, nous ne savons plus ni ce qu’il a fait, ni quelle était la nature de son talent, ni même s’il avait l’ombre du talent. Je ne parle pas de quelques épigrammes, dout les auteurs sont inconnus, ni même des jolis petits vers de l’empereur Adrien à son âme : ces bluettes prouvent seulement que les études de versification n’étaient pas négligées. Adrien, malgré son esprit, n’est

Page 1