CHAPITRE XLIII
État de la littérature latine au ttfoisième siècle. — Vie de Némésien. — Poème dictatique de Némésien. — Ëglogues de Némésien. — Galpurnius. — Autres poètes contenporains. — Prosateurs.
de la llttératnrc latine au trolalème alècle.
L’histoire des lettres latines au troisième siècle ne nous arrêtera pas bien longtemps. L’éloquence est tout entière dans les insipides panégyriques dont j’ai parlé ailleurs. Ces panégyriques doivent leur naissance à l’usage qui régnait alors, particulièrement dans plusieurs villes des Gaules, do faire exprimer à l’empereur, par la bouche de quelque rhéteur délégué, ou des vœux pour son bonheur, ou des actions de grâces pour ses bienfaits. Le troisième siècle a eu des historiens ; mais tous leurs ouvrages ont péri, et le moins inconnu de ces écrivains n’a pas même la notoriété d’un Julius Obséquens. Septime Sévère est illustre; mais ce n’est pas pour avoir laissé ces Mémoires dont parle Capitolin, où il faisait tant d’efforts afin de pallier l’extrême rigueur de quelques-uns de ses actes. Nous nous dispenserons donc de, rappeler au lecteur qu’il y a eu des historiens, ou du moins des écrivains que les anciens désignent comme tels, qui se nommaient Lollius Urbicus, ou Marius Maximus, ou Fabius Gécilianus, ou encore Fulvius Asprianus, ou de tout autre nom aussi peu utile à retenir. Ce n’est que vers la fin du troisième siècle qu’on voit reparaître quelque chose qui ressemble à peu près à de l’histoire ; mais nous remettons au chapitre suivant tout ce qui concerne les écrivains de VHistoire auguste, et, par conséquent, les historiens de la fin du , troisième siècle. Parmi les prosateurs d’un autre genre, nous ne trouverons pas des Apulées ni des Aulu-Gelles. Il y a eu de grands jurisconsultes; mais ce n’est pas à nous de parler de Papinien ou d’Ulpien. Nous aurons du moins des
poêles, non pas sans doute de bien grands poètes, mais des hommes de quelque talent, et dont les œuvres ne sont pas indignes d’un regard. Némésien et Calpurnius, par exemple, nous ontlailsé desversqui se lisent, encore aujourd’hui, avec un certain plaisir.
vie de Méméfllen. ^
Marcus Aurélius Olympius Némésianus était de Carthage. Il llorissait à Rome sous les règnes de Garus, de Carin et de Numérien. Numérien, qui se mêlait de poésie, ne fut point jaloux de ses succès. C’est à cet empereur que Némésien dut sa fortune, quoiqu’il eût eu l’audace de lutter dans un concours contre ce formidable rival, et l’honneur dangereux de remporter le prix. Numérien se résigna à sa défaite : il ne se souvint pas qu’il se nommait lion, et qu’un empereur devait toujours vaincre. Ce fut même cette circonstance , assuret-on, qui lui fit prendre en affection Némésien. Le poète carthagipois fit un noble usage d’une opulence facilement acquise. Calpurnius notamment, son ami et son émule, connut, grâce à ses libéralités, cette aisance après laquelle il soupirait en vain, et que les puissants du jour ne songeaient pas à lui donner. Celte conduite fait honneur à Némésien. Répandre son bien est peu de chose; mais c’est chose méritoire entre toutes, quand le bienfait suppose dans le bienfaiteur une de ces amitiés rares, à l’épreuve de l’amour-propre et de la jalousie. Voilà à peu près tout ce qu’on sait de la vie de Némésien. On ignore la date de sa mort, comme on ignore celle de sa naissance.
Poi'mca dlilactii|ucs de iVénicaien.
Némésien avait laissé trois poèmes didactiques, le premier sur la chasse, le second sur la pêche, le troisième sur la navigation : Cynégétiques, Halieutiques , Nautiques. D reste un morceau assez considérable des Cynégétiques , et seulement quelques vers des deux autres ouvrages. Autant qu’on en peut juger d’après ces faibles débris, l’auteur des Cynégétiques et des Halieutiques n’était guère qu’un imitateur d’Oppien. Il est probable que ses Nautiques n’étaient