‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 380 sur 397 · CHAPITRE XLTV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLTV

style ; mais il n’a rien à envier aux autres, ou presque rien, ni pour la faiblesse des expressions, ni pour la négligence, ni pour la barbarie.

5° Élius Lampridius est regardé par quelques-uns comme une seule et même personne avec Élius Spartien. C’est à Lampride qu’on attribue communément les vies de Commode, de Diadumène, d’Héliogabale et d’Alexandre Sévère.

6* Jules Capitolin, contemporain de Vopiscus et de Trébellius Pollion, a écrit celles d’Antonin le Pieux, de Marc Aurèle, de Lucius Vérus, de Pertinax, etc. Nous devons dire pourtant que plusieurs de ces vies, même dans certains manuscrits de l’Histoire Aitguste, sont attribuées à Spartien, et non point à Jules Capitolin.

Auréllus Victor.

Aurélius Victor n’est pas un écrivain méprisable.. On fait cas des Fies des Césars, que nous avons encore aujourd’hui sous son nom. Ce sont de très-courtes notices, mais rédigées en général avec soin, d’un style assez simple et assez pur, et dont les documents ont été bien choisis. Cet abrégé de l’histoire des empereurs commence à Auguste et finit à Constance. On attribue à Aurélius Victor plusieurs autres ouvrages : ainsi l’Origine de la Nation romaine, dont il reste une partie, mais assez peu considérable, puisqu’elle ne va pas au delà de la fondation même de Rome ; ainsi des Vies des Hommes illustres de Home, qui ne sont peut-être qu’un abrégé du grand ouvrage de Cornélius Népos, et qui ne rappellent guère, par les qualités du style, les Fies des Césars; enfin un écrit sur les empereurs, différent des Vies des Césars, et que la plupart des critiques reconnaissent comme l’œuvre d’un auteur plus récent, qu’ils nomment Victorinus, ou Victor le Jeune. Aurélius Victor était né en Afrique, dans une humble condition. Il vécut longtemps à Rome, où Julien le revêtit de charges importantes. Il pamnt même, sous Théodose, à la dignité de préfet de Home.

Septlmlus.

Lucius Septimius vaut moins qu’Auréîius Victor. C’est

L’mSTOIRE AU QUATRIÈME SIÈCLE.

à peine même si Septimins et son livre méritent une place dans ce chapitre. L’écrivain est dénué de toute espèce de talent, et l’ouvrage n’a presque rien de commun avec l’histoire. Cet ouvrage est intitulé : de la Guerre de Troie, ou encore, Éphéméride de la Guerre de Troie. C’est, selon toute apparence, une traduction plus ou moins libre de l’ouvrage grec composé par un certain Praxis ou Eupraxide, contemporain de Néron, et connu vulgairement sous le nom de Dictys de Crète. Septimius ne peut servir de rien à personne, sinon aux commentateurs d’Homère ou des anciens poètes.

Satrape.

Flavius Eutropius, sans être un aigle, est du moins autre chose qu’un compilateur ou traducteur de fables. Son Abrégé de l'Histoire romaine , en dix livres , depuis Homulus jusqu’à Jovien, n’est pas sans quelque utilité, comme revue rapide des faits ; et on y trouve, pour ce qui concerne les derniers temps, des renseignements assez précieux. Eutrope est généralement exact et digne de foi. Il cherche le vrai ; mais sa critique n’est pas toujours assez sévère , et son patriotisme romain lui fait négliger quelquefois ou passer sous silence les choses qui ne font point assez d’honneur au peuple-roi, ou même à ses maîtres. Le style d’Eutrope est simple et clair ; seulement le mauvais goût du siècle perce çà et là dans la diction. En somme, l’auteur a fait une œuvre estimable, et qu’on peut lire même après celles de Velléius ou de Florus; mais ce n’est pas à lui non plus que nous pouvons décerner le titre d’historien. Cet homme, qui ne manquait pas de quelque talent, vivait à la même époque qu’Aurélius Victor. Il fut, dit-on, secrétaire de Constantin; il suivit plus tard l’empereur Julien dans son expédition contre les Perses. En 371, il était proconsul en Asie; et c’est par l’ordre de Valens, et pour l’usage même de cet empereur, qu’il écrivit son ouvrage.

■extaa itafua.

C’est l’empereur Valens encore, dit-on, qui fit rédiger

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