‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 7 sur 397 · CHAPITRE I. — LANGUE DES ROMAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — LANGUE DES ROMAINS

sionné pour le beau, nous apparaît, dès le dixième siècle avant notre ère, brillante de toutes les perfections poétiques, et dans un éclat qu’elle-même ne put jamais éclipser, alors même que chantaient Eschyle et Pindare. Le grec du Latium, au contraire, alla se corrompant sans cesse et se faisant de jour en jour plus grossier et plus barbare. Quand Home eut une existence assurée, une civilisation nouvelle commença de poindre au sein de ce ténébreux chaos. Mais quel progrès lent et pénible! et comme le peuple romain semble peu fait, durant ces longs siècles, pour d’autres triomphes que ceux des armes 1 Quelle rusticité dans les mœurs! quelle indigence littéraire! Cependant la langue latine se débrouilla peu à peu. Elle avait déjà une physionomie moins barbare, au temps de Pyrrhus, quand elle et la langue grecque se trouvèrent pour la première fois en présence. Malgré des traits de famille manifestes , elles eurent grand’peine à se reconnaître. La Grèce s’empressa de revendiquer pour ses fils ces Romains que la fortune des armes faisait ses maîtres; et Rome, malgré sa morgue, fut réduite à la fin à confesser que cette prétention était fondée. Elle fit plus encore. Elle travailla, avec ime persévérante énergie, à détruire en elle-même tout ce qui rappelait trop manifestement ses rudesses antiques. Il resta toujours, comme dit Horace, des traces de rusticité : l’esprit des Romains n’aequit jamais cette aptitude universelle qui caractérisait l’esprit des Grecs ; et l’idiome latin n’atteignit point à cette perfection où il aspirait, et qu’avaient réalisée, d’une façon diverse, trois ou quatre des dialectes de la langue incomparable. Mais du moins , grâce à la victoire des vaincus sur les vainqueurs, Rome eut une langue digne de ce nom; et la littérature latine prit cette place qu’elle n’a pas encore perdue, la première au-dessous du trône majestueux d’où règne sur le monde la littérature qui compte parmi ses œuvres V Iliade, VOdyssée, YOresüe, YŒdipe-Roi, les Muses d’Hérodote, le Banquet de Platon.

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