CHAPITRE II
LES CINQ PREMIERS SIECLES
Illusion de quelques contemporains d’Auguste. — Chants des frères Arvales. — Chants saliens. — Lois royales ; lois des Douze Tables. — Inscription funéraire de Scipion Barbatus. — Prédictions de Marcius. Éloquence militaire. — Éloquence politique. — Histoire. — Chants fescennins. — Satires triomphales. — Les prétendues épopées primitives de Rome. — Théâtre. — Conclusion.
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D y avait, an siècle d’Âugnste, certains dédaigneux qui prenaient en pitié les travaux littéraires de leurs contemporains, et qui n’estimaient pas qu’Horace ou Virgile , que Tibulle on Properce, méritassent un seul regard. A les entendre, les vieux auteurs, au contraire, n’avaient produit que chefs-d’œuvre. Leur admiration rétrospective ne s’en tenait pas à célébrer les vertus plus ou moins réelles des écrivains fameux d’autrefois. Tout ce qui subsistait encore des premiers monuments de la langue , chants religieux , textes de lois , traités de paix entre Rome et les peuples voisins , annales historiques rédigées par les pontifes , recueils de prédictions, en un mot tons les débris de ce qui n’avait pas même été une littérature, voilà ce qu’ils prisaient au-dessus de toutes choses, ce. qu’ils vantaient sans réserve. C’était là le beau, le merveilleux , le sublime. Que venait-on leur parler de ces écrivains vulgaires , qui rêvaient d’Homère , de Thucydide et de Pindare, et qui croyaient que Rome pouvait encore ajouter aux trésors de son génie ? Les Muses n’avaient-elles pas chanté jadis sur le mont Albain?
R faut dire que jamais fantaisie archéologique ne fut moins justifiée que celle dont se moque Horace dans YÈfMre à Auguste. Nos amateurs de vieilleries ont déterré souvent , dans le fatras littéraire du moyen âge , autre chose de mauvaises rimes ou de la prose barbare ; et ces trouvailles heu-