CHAPITRE IX. — CONTEMPORAINS DE TÉRENCE
nous souvenir que Térence n’est qu’un traducteur ; que Plaute n’a d’original que son esprit; qu’Afranius lui-même n’était pas aussi romain qu’il aurait pu l’être. La comédie latine pâlissait donc singulièrement, dès qu’on ces^it de l’envisager en elle-même. Aulu-Gelle nous a retracé au vif l’impression de ses lectures comparatives. Au point de vue de ceux qui pouvaient lire Ménandre et Épicharme, Plaute et Gécilius n’étaient que des écoliers bégayants. Nul doute que Quintilien ne fût fondé à dire, en parlant de la comédie : « Nous en possédons à peine une ombre légère. » Mais cette ombre légère, c’est tout ce qui nous reste de ce qui fut une admirable réalité; et on voit resplendir encore au travers quelques rayons de la beauté antique. Ceux qui les ont saisis et fixés dans leurs œuvres ont pu n’être pas doués du génie qui crée ; mais rien n’empêche de saluer en eux des artistes habiles, de grands écrivains, des hommes pleins d’esprit, des poètes dignes de nos respects.
La comédie ne reparaîtra plus dans cette histoire. Les mimes, dont il sera question â propos de Labérius et de Syrus, mériteraient peut-être le nom de comédies; mais nous leur conserverons celui sous lequel ils sont connus. Dès le temps de César, il n'est plus question ni de comédie à manteau, ni même de comédie à toge. Si quelques poètes essayèrent, jusque sous l’empire, de marcher sur les traces de Plaute ou d’Afranius, ils échouèrent dans l’entreprise : non-seulement leurs œuvres ont péri, mais la postérité n’a pas même daigné nous dire qui ils étaient, et pourquoi elle ne tenait pas compte de leur existence.