I.a fiatlre depnl« Ennins
La satire, on s’en souvieni, avait été, durant des siècles, toute la poésie romaine. Ennius l’éleva à la dignité littéraire. J’ai dit quel caractère Ennius avait imprimé à la satire, et de quelles formes il l’avait revêtue. U semble qu’après Ennius, la satire ne pouvait manquer d’être très-florissante : les poètes étaient nombreux, et nul autre genre n’était plus conforme aux aptitudes particulières du génie romain. C’est à peine pourtant s’il est question de la satire , pendant les cinquante ans qui suivirent la mort d’Ennius. Pacuvius seul s’y essaya, dit-on, et avec un médiocre succès : sentaient était fait pour d’autres triomphes. Un phénomène analogue se produisit après la mort de Lucilius. Entre la mort de Lucilius et les débuts d’Horace, il n’y a pas moins de cinquante ans entiers; et l’on chercherait inutilement un nom de satirique durant toute cette période. Horace nous dit que Varron del’Atax avait tenté fortune sur les traces de Lucilius, et qu’il avait travaillé en vain. Les satires de l’autre Varron, ces ménippées si fameuses, n’avaient presque rien de commun avec les poèmes de Lucilius ou ceux d’Horace : les Latins n’ont jamais compté parmi les satiriques le savant et vénérable ami de Cicéron; et il y aurait abus de mots à l’y mettre, en dépit de la diversité des choses. Quoi qu’il en soit, les intermédiaires sont comme s’ils n’avaient jamais été, et l’héritage nous apparaît, immédiat et direct, d’Ennius à Lucilius, de Lucilius à Horace. Il est probable que Pacuvius, neveu et disciple d’Ennius, avait tenu à honneur de rester