‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 10 sur 80 · BACB LATINE. — SABIN8. — ROMAINS. IJ · texte numérisé non relu

BACB LATINE. — SABIN8. — ROMAINS. IJ

être crus sur parole : Sallnste, Virgile, Horace sont dans le vrai. Dès Tenfance, l'Italien pauvre, content de peu, vivant de rien, élevé à la dure, est dressé pour le travail et pour la lutte, prompt à retourner la glèbe ou à endosser Tarmure : nul lieu ne lui est inaccessible, nul obstacle infranchissable ; il enlève tout : môme en paix, c'est un homme actif, strenuus ac fortis, ne sacrifiant jamais le corps à Tesprit.

Aussi la race italienne, aux premiers temps de son histoire, n'accorde- t-cUe que peu de franchises à rimagination, au génie poétique, à l'expression du beau dans les lettres et dans les arts : elle les tient à Fécart ou tout au moins en réserve. Sa vie quotidienne s'enferme opiniâtrement dans les labeurs agricoles ou dans les nécessités de la guerre: les énergies de sa volonté ou les fières âpretés de son courage sont tendues plutôt vers la morale individuelle, avec ses applications pratiques et sociales : l'idée de droit domine tout le reste.

A la base même de la société est la famille, composée du père, de la femme, des enfants. La puissance conjugale et paternelle du chef de famille est absolue; la loi ne la limite point ; la fille seule sort de sa dépendance, quand elle passe sous la main d'un mari. Cependant la femme et le fils ne sont pas exclusivement des choses, mais des personnes ; à ce titre, ils ont des droits, dont ils prennent possession à la mort du père.

Des familles, groupées dans le pagus (bourgade), se compose la gens, autour de laquelle gravite tout un monde de clients, que le patron adopte sous sa tutelle ; les gentes réunies constituent la cité, roi ou consul, sénat et peuple, régis par une constitution fondée sur l'égalité civile : le droit du plus fort est éliminé de tous les contrats, la propriété et l'hérédité garanties par des règles strictes, les transactions et les divers crédits protégés par une législation rigoureuse. De là natt l'ordre, «ssence absolue de la justice, et, par suite, la nécessité d'une sanction qui atteigne l'agent responsable. En effet, pour le Romain le fond même

LITT^RATUaB ROMAINE.

de toute morale n'e^t autre que la justice, innée au cœur de l'homme, et se manifestant dans la famille par le respect dû au père, dans la cité par le respect dû au droit de chaque citoyen; en un mot, c'est l'obéissance au devoir. Voilà par quelles vertus appliquées à la famille et à la patrie les Romains, selon la remarque de Bossuet, « ont été dignes d'être les maîtres du monde ; et, si les lois romaines ont paru si saintes que leur majesté subsiste encore, malgré la mine de l'empire, c'est que le bon sens, qui est le maître de la vie humaine, y règne partout, et qu'on ne voit nulle part une plus belle application des principes de l'équité naturelle ».

La cité romaine s'étant formée et agrandie par l'agglomération des peuplades et par l'annexion des cités qui environnaient la ville nouvelle, nul doute que la fusion latino-sabine n'ait été dominante : il convient donc, pour compléter le tableau que nous nous sommes proposé de tracer, d'entrer dans quelques détails sur le caractère et sur les habitudes des tribus mixtes du Latium.

LAtium, noyau central de l'Italie. Race latine. — Sabins et Romains. — Mœurs agricoles. — F£tes rustiques. — Lupercales. — Fériés latines. — Langue italique : ses éléments constitutifs.

Le Latium est le noyau central, le cœur même de l'Italie. Région intermédiaire entre les peuplades du Nord et celles du Midi, il tend, par l'Étrurie, vers le monde celtique, et, par la Campanie, vers le monde grec : c'est le berceau de la race dure et forte, agricole et guerrière, qui a conquis l'univers.

Borné d'abord aux terres basses et onduleuses situées entre le Tibre et le Numicius, le Latium s'étend graduellement au N. du côté des frontières

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