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LANGUE LATINE

ALPHABET LATIN 6 voyelles, lo diphtongues, lo consonnes.

Voyelles simples : a, «, i, 0, »,jf.

Diphtongues : <r, ai, au, eiy eu, ce, oi, ou, ui, yi.

Consonnes :

Labiales.

Gutturales.

Dentales.

7 fortes. . .

6 douces . . .

4 liquides. . .

I aspirée, h.

1 double, X.

Les règles de la prononciation da latin sont peu connues. Selon toute probabilité, la voyelle u se prononçait ou; Vy grec flottait entre ]'/ et Vu. Le c représentait uniquement le son de k: ce, ci se prononçaient ké, ki; cicerOf kikero, peut-être avec une tendance à la prononciation italienne moderne /cAe, tchi. Le q^ toujours suivi d'un », qui semble faire corps avec la consonne, affecte le son de c, légèrement mouillé ou aspiré : quos, prononcez cos. Le g se rapprochait du c avec une atténuation liquide :ge, gi, prononcez gué^ gui. Le ch marquait le son du x des Grecs, converti quelquefois en simple aspiration: X^^Pi main, devenant hir\ X^P«» P*)'»? ora, F et V étaient des aspirations di P et du B,/ aspirée forte, v aspirée faible. Avant la distinction établie entre j' et f, et entre v et u, major se prononçait ma-i-or et navita, na-u^ita. H est toujours muette, même l&r»qu'elle

représente soit le y^, soit l'esprit rude des mots grecs introduits dans la langue latine.

L'accent prosodique éiait fortement marqué dans la prose et dans la poésie italiennes. Les syllabes longues ou brèves composaient un groupe métrique de trois à sept pieds, dont les plus usitéssont le dactyle, le spondée, rïambe, le trochée, l'anapeste. L'oreille des auditeurs romains était sensible et chatouilleuse en fait de rythme et de tonalité. S'il arrivait qu'un acteur ou un orateur prononçât une syllabe trop courte ou trop longue, il en était averti par les murmures de l'assemblée.

Lorsque le latin, après avoir servi, avec plus ou moins de correction régulière, à l'expression spontanée des sentiments personnels et des besoins sociaux, entre dans la phase où les groupes humains comprennent la nécessité de subordonner leur pensée aux régies fixes d'une structure grammaticale, un travail s'opère, dont il est impossible de noter précisément la marche progressive, mais qui plie la langue latine à des flexions analogues à celles de la langue grecque, tout en gardant une empreinte originale du génie propre à la race italique. Une langue est toujours l'expression du caractère du peuple qui la parle. Comme le vieil esprit latm est la personnification de l'ordre et de la discipline, la langue latine, soit rustique, soit urbaine, s'en est ressentie. Moins pourvu que le grec de formes significatives, de combinaisons fines et délicates, de tours variés, de procédés ingénieux, le latin, synthétique et inversif, a de soi la brièveté, l'énergie, l'ampleur: c'est une langue de commandement et d'autorité. Sa concision lui permet de serrer les termes et de ménager l'espace au profit des idées. Aujl^ nVt-il pas son égal pour le style lapidaire, les édifices commémoratifs, les inscriptions, les épigraphes, les médailles, les monnaies. L'absence d'articles, la rareté possible des prépositions et l'usage des désinences lui donnent un air dégagé, un peu sec, mais alerte et vif. Eminemment transpositif, il est libre et varié dans

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ses constructions, qui prennent un tour hardi, pittoresque, favorable aux élans de l'imagination et à la vigueur de la pensée. S'il n'a pas la souplesse et la ductilité du grec pour traiter les matières philosophiques, il convient à merveille aux productions oratoires, au style des harangues, à celui des historiens. Mais un titre spécial le recommande à notre attention respectueuse : le latin n'est pas seulement l'idiome du peuple, qui, maître du monde, lui a imposé sa langue et ses lois, c'est le fond même de notre langue nationale : elle en sort presque tout entière, et c'est ainsi que le génie des écrivains latins a exercé sur notre littérature une influence à laquelle nous devons une partie des chefs>d'œuvre qui sont la gloire du génie français.

Histoire de la littérature romaine : cinq périodes principales. i« Des origines de Rome & la fin di la première guerre punique, l'an 241 avant J.-C. — 2» De la fin de la première guerre punique à la mort de Sulla, l'an 78 avant J.-C. — 3<» De la mort de Sulla & celle d'Au<ruste, l'an 14 de l'ère chrétienne. — 40 De la mort d'Auguste au siècle des Antcnins, l'an 139 après J.-C. — s° Du siècle des Antonins h la chute de l'empire d'Occident, 476 après J.-C. — Caractère de ces diverses époques.

L'histoire de la littérature romaine embrasse un espace d'environ douze siècles, depuis le temps où la race italique, for.mée de la fusion des tribus autochtones avec les peuples immigrants, se groupe autour de Rome naissante, jusqu'à la chute de l'empire d'Occident, l'an 476 de l'ère chrétienne. On la divise en cinq périodes principales.

1* La première période commence aux origines mêmes de Rome, et s'arrête à la fin de la première guerre punique, l'an 241 avant Jésus-Christ. Lt-S goûts agricoles et guerriers des habitants du Latium, leur fierté

dédaigneuse de tous les produits de rimagination, la rudesse de leur langage^^ leurs aptitudes naturelles et réfléchies, mises au service de la vie active et militante, font dominer chez eux le développement du corps sur celui de l'esprit. Nul peuple cependant ne peut se soustraire à la manifestation, si informe soit-elle, des sentiments de crainte ou de reconnaissance envers les dieux, des élans de la joie ou de la douleur, de l'indignation ou de la tendresse, qu'éveillent au cœur de l'homme les - événements de la vie domestique et sociale : ils s'exhalent sous la forme de chants, qui sont, à l'origine de la littérature latine, d'une étendue médiocre et d'une naïveté rustiques, propre à des tribus vivant de la chasse, de la pêche et de la guerre, occupées à la culture des céréales et des vignes, à l'éducation des troupeaux et des abeilles, et peu soucieuses de l'idéal. Ces essais grossiers de poésie populaire se composent de chants en vers saturniens, espèce de prose cadencée, qui ont un caractère lyrique, dramatique et épique. Â la première catégorie appartiennent les hymnes religieux des Saliens, des frères Arvals et des cérémonies argéennes, les prophéties^ les oracles, les chansons de table, les nénies ou choeurs funèbres, les chants de triomphe. A la seconde se rapportent les poésies fescennines, sortes d'impromptus satiriques, et les Atellanes, bouffonneries pleines de saillies d'une flnesse équivoque, dont le spectacle faisait les délices des vieux Romains. Les épopées romaines, fortement empreintes du caractère national, contenaient le récit des actions héroïques des ancêtres, avec un mélange de faits légendaires et merveilleux.

Il est naturel que le souvenir des événements importants de l'histoire de Rome ait été consacré, durant cette période, non seulement par la tradition orale, mais par des monuments écrits. Ces archives du vieux temps comprennent les Grandes Annales, les Livres sibyllins et lintéens {lintei libri, écrits sur toile), les colonnes votives, les arbres généalogiques, les Inscriptions tumulaires, les traités.

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La jurisprudence, fond essentiel et caractéristique du génie italien, a aussi sa place marquée dans ces antiques monuments de la littérature romaine; par exemple, les ordonnances de Numa, de Servius Tullius, et surtout les lois des Douze Tables, que Cicéron salue avec admiration et avec respect.

a<* La seconde période s^étend de la fin de la première guerre punique à la mort de Sulla, c'est-à-dire de Tan 241 à l'an 78 avant Jésus-Christ.

Le jet spontané de la littérature romaine est arrêté ou détourné par la conquête de l'Italie méridionale, qui met Tarente au pouvoir de Rome, vers le même temps où la victoire de Lutatius près des îles iEgates délivre les Romains des périls de la première guerre punique. Souverains par les armes, ils se laissent con* quérir par la civilisation grecque : leur génie propre y perd son originalité; Tesprit d'initiative disparaît devant le talent formé de seconde main. Le drame et l'épopée sont en faveur. Les traductions d'Homère pénètrent dans les écoles ; les Atellanes prennent possession du théâtre. Livius Andronicos, avec son double nom demi-grec et demi-latin, personnifie nettement cette période d'enfance, parfois nommée l'âge d'argent de la poésie romaine. La langue latine se dépouille de la verdeur natale du terroir ; le dorien l'épure et la radine. A côté de Livius se placent Nœvius, Ennius, Pacuvius, Attius, copistes des Grecs, mais aussi créateurs de quelques œuvres originales. Plaute et Térence, sans surpasser leurs modèles grecs, élèvent la comédie latine à un haut degré de perfection. Lucilius crée la satire. La prose historique, inaugurée par les Annales de Fabius Pictor, de Cincius Alimentus, et par Tes Origines de Caton l'Ancien, se développe avec la prose oratoire, où se distinguent Caton, les deux Gracches, Livius Crassus et Marcus Antonius, grand-père du triumvir, précurseur de Cicéron.

La jurisprudence produit, entre autres légistes célèbres, l'illustre famille de Scœvola, qui unit à la science la plus profonde les vertus les plus austères, et qui

LiTTéRATURB ROMAINE.

n'a pas aeuletnent la gloire d'appliquer à la jurisprudence la doctriue morale des stoïciens, mais celle de découvrir et d'affirmer les véritables principes du droit.

3® La troisième période est l'âge florissant, l'âge d'or de la littérature latine. Elle commence à la mort de SuUa, l'an 78 avant J.-C, et se termine à celle d'Auguste, l'an 14 de l'ère chrétienne. C'est le second de ces siècles heureux qui, d'après la remarque de Voltaire, a servent d'époque à la grandeur de l'esprit humain, et sont l'exemple de la postérité. »

L'influence des idées grecques continue à se faire sentir plus forte que jamais. Seulement, la langue romaine, dégagée de sa rusticité plébéienne par des écrivains d'un génie tout personnel, acquiert une liberté, une indépendance, qui recommandent à l'admiration constante des hommes les œuvres de Lucrèce, de Cicéron, de Salluste, de César, de Tite-Live, de Virgile, d'Horace, d'Ovide, de Varron, de Vitruve. Un esprit nouveau est entré dans le monde ; la littérature des Romains n'est plus une imitation, plus ou moins déguisée, des maîtres grecs ; ils y ajoutent de leur propre fonds, non seulement une gravité, une ampleur parfois pompeuse, mais aussi je ne sais quoi de bref, de ferme et d'arrêté que n'a pas toujours U génie attique, et qui provient d'un sentiment de fierté nationale^ naturel aux conquérants de l'univers.

V La quatrième période s'étend de la mort d'Auguste au siècle des Antonins, de l'an 14 à l'an 139 après }.-C. Malgré le mérite éminent de plusieurs écrivains de cette époque, on sent un commencement de déclin, dû à l'invasion du faux goût et des mauvaises mœurs, mais surtout à l'abaissement des caractères, courbés sous des maîtres absolus, k Une nation, dit M"* de Staël, n'a de caractère que lorsqu'elle est libre. » Plante, Lucilius, Horace raillaient des travers, des ridicules, des vices : Juvénal, Tacite, Suétone ont à flétrir des turpitudes^ des crimes, des monstruosités. Tacite y excelle; son cœur, brûlant de liberté et de

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patriotisme, rencontre, pour rendre la profondeur douloureuse de ses impressions, un style substantiel, original, qui n'a pas de rivaux. Lucain trouve aussi de mâles accents pour célébrer les vertus de Rome républicaine. Les deux Sénèque, les deux Pline et Quintilien honorent la philosophie, la littérature élégante, la science, la critique et l'art de bien dire. Velleius Paterculus, Florus, Valère-Maxime donnent à l'histoire un tour concis d'une très-haute valeur. Cependant tous ces esprits distingués ont beau faire, le style fléchit et glisse sur la pente de l'affectation et de la recherche ; on habille de mots des ombres d^idées; et le nouveau langage, suivant une judicieuse remarque de Quintilien, comparé à celui d'autrefois, met plus de mal que de bien dans ses innovations indisrrètes.

$" La cinquième période^ de l'an 159 à l'an 476 après J.-C, est une ère de décadence et d'extinction. Les arts et les sciences partagent le sort de l'empire; Rome, appauvrie, épuisée, n'est plus qu'une proie offerte aux barbares; les lettres sont comme envahies par le flot avant-coureur du naufrage ; la langue subit une transformation complète; Tafflucnce des provinciaux et des étrangers à Rome la défigure, soit en y mêlant des termes empruntés à leur propre idiome, soit en parlant la langue plébéienne et militaire de préférence à celle des classes urbaines et polies. De son temps, Cicéron se [plaignait déjà de ne connaître que cinq ou six dames parlant le latin correctement; et, ceut cinquante ans plus tard, Quintilien témoigne son regret d'entendre les fréquents barbarismes commis par la jeunesse romaine. Au temps de la décadence et sous les empereurs étrangers, ces ifautes deviennent les formes courantes de la conversation et du style. Dans le même moment, la faveur particulière accordée à la langue grecque, parlée par les esclaves et par les affranchis, à qui sont confiées la surveillance et la première éducation des enfants, introduit dans le langage usuel une foule d'héllénismes, que la translation

de l'empire à Constantinople encourage et maintient aux dépens de l'intégrité du latin. C'en est fait de la langue des vainqueurs; ils ne savent désormais que celle des vaincus. Voilà pourquoi Aulu-Gelle fait observer que la plupart des mots latins se sont éloignés, à l'heure qu'il est, de leur signification première; l'ignorance de ceux qui s'en servent leur en fait méconnaître la valeur. Les monuments littéraires de ces siècles stériles en attestent la pauvreté. Claudien, Ausone, Némésien, Caipurnius, sont moins des poètes que des versificateurs. L'histoire, réduite à la biographie et à la compilation, n'est relevée, dans sa dignité et dans son importance, que par Ammien Marcellin, narrateur grave, sérieux, sincère, impartial. L'éloquence anéantie trouve à peine quelques accents convaincus dans la bouche de Symmaque; elle se répand partout ailleurs en basses flatteries et en panégyriques éhontés. Les romans de Pétrone et d'Apulée offrent plus de détails curieux que de beautés littéraires. Les Nuit9 attiques d'Aulu-Gelle sont une compilation intéressante, un recueil précieux, mais qui ne prétend, de l'aveu même du savant grammairien, ni à la pureté ni à l'élégance de la diction. La littérature romaine est morte : poésie, histoire, éloquence, philosophie sont entrées dans le domaine du passé. Pour retrouver cette nourriture de l'esprit et de l'âme, dont l'humanité ne peut être sevrée sans courir le danger de périr, il faut la demander aux Pères de l'Eglise latine, à saint Jérôme, à saint Cyprien, à saint Ambroise. à saint Augustin. A défaut du style, ils ont l'ijée; quelquesuns même retrouvent par instants la vigueur d'expression des maîtres qui leur servent de modèles. La voix de ces propagateurs de la foi nouvelle, leurs écrits, qui viennent fv»riifier ceux de Tertullien, d'Arnobe, de Lactance, de Salvien et de Boèce, soutiennent les cœurs défaillants, rallument les convictions éteintes, et font briller, an milieu des ténèbres, le flambeau qui va guider l'homme vers les perspectives de l'avenir, vers des idiomes inconnus, vers d'autres littératures, héritières des immortels génies éclos sur le sol grec ou italien.

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