‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 15 sur 80 · LOIS DES OOUZB TABLES · texte numérisé non relu

LOIS DES OOUZB TABLES

« Si fudex arhiUrve jure datus oh rem dicundam, peeuniam accepitf capital esta. »

c Si le juge ou Tarbitre, désigné légalement pour décider une affaire, reçoit de l'argent, qu'il soit puni de mort. »

3** Punition du faux témoin :

c Quifalsum testimoniutn dixerit, saxo dejicitor, » « Que le faux témoin soit précipité de la roche Tarpéienne. »

4** Bastonnade infligée au diffamateur :

a Si qui pipuîo occentassit, carmenve condidit, quod infante faxit flngitiutnque alieri^ fusle ferito. »

« Si quelqu'un en diffame un autre publiquement, soit par des paroles outrageantes, soit par quelque écrit scandaleux, qu'il soit frappé du bâton. »

^ 5® Droit de vie et de mort du père sur son fils; affranchissement du fils :

« Patri in fiîlunt justam viUe necisque poteslas esto ; terque im venuaidari jus esto. Si pater filiutn ter venunduit, Jilius a pâtre liber esto. »

« Que le père ait sur son fils légitime le droit de vie et de mort, et celui de le vendre jusqu'à trois fois. Si le père a vendu son fils trois fois, que le fils soit alors affranchi de la puissance paternelle. »

6° Egalité des citoyens devant la loi :

« Privilégia ne irroganto, »

« Qu'on ne prétende point de privilèges. >»

70 Souveraineté du peuple :

• Jussus populi suffragia que sunto. Quod postremum populus jussit, id jus ratumque sit. »

IITTERATURB ROMAINE.

« Q.tte les suffrages du peuple soient des ordres. Que la décision du peuple en dernier ressort soit le droit et la loi. »

80 Droit perpétuel contre l'ennemi.

a Adversus hostem atema atutcrîlas esta. »

tt Contre l'ennemi que la revendication soit éternelle. »

« Le style des lois, dit Montesquiea, doit être concis : les Lois des Douze Tables sont un modèle de précision. 1» Et de fait, elles se distinguent par l'allure brève et concise, qui est un des caractères propres de la langue latine.

Les Tables Eugubines, ainsi nommées de Gubbio ou Eugubbio, dans le duché d'Urbîn, où elles ont été trouvées au nombre de sept, en 14^^, portent gravées sur le bronze cinq inscriptions en langue ombrienne mêlée d'étrusque, et deux en caractères latins. Le contenu, qui a suscité de longues polémiques entre les érudits, n'offre qu'un intérêt médiocre : c'est le rituel des prêtres du temple de Jupiter Apennin, avec IMndication des jours de sacrifices et de l'endroit de la ville où ils ont lieu.

Les Tables triomphales, mentionnées par Tite-Live, et sur lesquelles on inscrivait le nom du vainqueur, ainsi que les faits les plus importants de son expédition, n'offrent rien de particulier sur les'premiers temps de la langue latine. Il en est de même des boucliers votifs, qu'on exposait dans le temple de Bellone, pour conserver le souvenir des ancêtres et celui des dignités dont ils avaient été revêtus.

Il est, au contraire, trois monuments d'une grande valeur philologique, parce que les formes originales du vieux langage y ont subi peu d'altérations. C'est d'abord l'inscription de la colonne rostrale, élevée sur le forum, entre le Capitole et le Palatin, l'an 259 avant J.-C, en l'honneur du consul C. Duillius Nepos, vainaueur des Carthaginois dans un combat naval près de

COLONNE DE DUILIIU 8. 4)

Mylia, pui& l'inscription des tombeaux de Cornélius Scipio fiarbatus (le barbu) et de son fils L. Cornélius Scipio.

La colonne rostrale ou rostrée (columna rostrata) de Duillius a été renversée d'abord par la foudre, au moment de la guerre contre Persée (172 avant J.-C.) et ensuite par les Barbares ; mais la base sur laquelle on avait gravé l'inscription commémorative a été retrouvée au mois d'août i5<j5, dans des fouilles effectuées au-dessous du Capitole, vers l'arc de triomphe de Septime Sévère. La forme de cette inscription est simple, exempte de toute emphase, et, quoique retouchée probablement par une main plus moderne, marquée d'un caractère authentique.

En voici le texte transcrit ei redressé par Emile Egger. [Latini sermonis vetustioris reliquice selectcé) :

« C. Bilios M. F» COS. advorsum Carlacitiienseis in Siceîiad rem cerens, Ecesianos, cocnatos popuîi Romani, artisumad obseieoned exemet; îecioneii cariacinienseis omtieis maxiiiios que mtuistraios, Luca bovebos relicleis novem, castreis exfociont. Maceîam mcenilam urbem pucnandod cepet^ enque eodem macesiralod prospère rem navebos marid consol primas ornave^ paravel que dlebos LX, cumque eis navebos cJaseis pétnicas omnis paralasque sumas copias cartaeiniensis, prasenled maxumed dictatored olorum, in allod marid puenando vicel, xxx que navets cepet, cum soàeis, septemresmosque duceis quinresmosque triresmosque navets xx depreset. Aurom caplom numei clo clo cl? aoo^ arantom captom pneda uumei ceci??? c crave, aiplom as cccisoj pondod,iriompoque navaled pradad, poplom Romanom donavef, captivas cartaciniemeis incenuos duxet an te curom, primosque consol de SiceUis claseque cariacinicnseom iriompavet, Earom rerom erco s. p. q. r. et hanc columnam p. »

On voit par ces lignes que, à part plusieurs formes caractéristiques du vieux langage telles que B pour Du (Bilios pour Duilios), c pour g^ (cerens), d euphonique à la fin des mots (Siceîiad) ; et pour // (exemet, paravet, vicet), os pour us (bovebos) etc., l'expression

44 XITTéRATO&B ROMAIMB.

est d'une netteté comparable à celle de la langue déji formée.

En voici la traduction :

« C. Dnillius, fils de Marcns, neveu de liarcns» faisant la guerre en Sicile contre les Carthaginois, délivra les Egesuins, peuple du même sang que Rome, d'un blocus très étroit ; les troupes carthaginoises et leur général en chef, abandonnant neuf bœufs de Lucanie (éléphants), s'enfuirent de leur camp. Il prit d'assaut la ville forte de Macela, et, dans la même charge, il eut le premier succès sur mer comme consul. Le premier, il établit des rameurs et équipa des navires en soixante jours ; avec cette flotte, il battit en pleine mer, sous les yeux de leur général en chef, la flotte punique et toutes les troupes carthaginoises ; prit trente navires avec les alKès, la galère k sept rangs de rames du général carthaginois, vingt quinquérèmes et trirèmes. L'or pris s'éleva & 3,700 livres; le butin à 100,000 nummi, l'airain à 2,100,000 nummi. Dans son triomphe, il fit présent au peuple du butin de la flotte, conduisit devant son char les captifs carthaginois; et, le premier consul, il triompha des Siciliens et de la flotte carthaginoise. En récompense de ces exploits, le sénat et le peuple romain lui ont élevé cette colonne. »

Le tombeau des Scipions a été découvert en 1780, dans la vigne Sassi, à l'angle d'une rue communiquant de la voie Appienne à la voie Latine, un peu avant la porte Saint-Sébastien. Il ne subsiste de ce monument que des restes de colonnes et un souterrain c^'eusé dans le tuf; le reste a été bouleversé et n'offre ou'un labyrinthe, où le touriste suit une route incertasce, à la laeur des torches qui éclairent des piliers massifs et des débris de mosaïques. Le sarcophage le mieux conservé a été transporté au musée Pio Clemeniino. Quand on l'ouvrit, on y trouva le squelette de Scipion Barbatus, ayant au doigt une bague, que Pie VI donna à lord Algernon Percy et qui est aujourd'hui dans la galerie du comte de Beverley. Ce tombeau, en pépérin, tuf rugueux et grisâtre, semé de taches noires, est orné

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