TOMBEAU DB9 8C.IPI0NS
d*ane frise avec rosaces et triglyphes : Tinscription est gravée en creux, et les lettres étaient toutes en rouge. La voici, conforme au texte d'E. Egger :
« Cornélius Lucius Scipio Barhatos — gnaivod paire prognalus, foriis vir sapiens que — quojus forma virtutei parisuma fuit — consolf censor, aidilis que fuît apud vos — Taurasia Cisaunîa Samnio eepit — suhigit otnne Loucana, opsides que ahdoueit. •
Les barres transversales qui coupent le texte indiquent, d'après certains savants, des vers distincts, commençant au mot gnaivod (gnavo), mais dont la métrique n'est pas bien déterminée. Voici la traduction :
« Cornélius Scipio Barbatus, — né d'un père vaillant, fut un homme courageux et prudent '— dont la beauté égale la vertu. — Il a été parmi vous consul, censeur, édile, — il a pris Taurasia et Cisaunîa dans le Samnium, — soumis toute la Lucanie, amené des ouges. »
La seconde inscription du tombeau des Scipions a été trouvée en 1614. La voici dans son intégralité, divisée en six lignes, qui, à partir de honc oino semblent indiquer six vers.
a L. Cornelio X. /. Scipio
Aidilis f eonsoîy cesor. —
Honc oino (unum) phirume (plurimî) consentiont Romte
Duonoro (bonorum) optimo fuise viro
Lucione Scipione Jilios Barbati
Consol, unsor, aidilis biefuet apud vos
Hee (bic) eepit Corsica Aleriaque urbe
Dedet Tempestatebus aidem mereto,
« Lucius Cornélius, fils de Lucius Scipion, édile, consul, censeur. Celui-là seul, le plus grand nombre à Rome le proclame le meilleur des bons. Lucius Scipion, fils de Barbatus, fut parmi vous consul, censeur, édile. Il prit la Corse et la ville d'Aleria, et donna aux Tempêtes le temple qu'elles avaient mérité. »
On sait par un passage d'Ovide que la flotte romaine faillit être victime d'une tempête, au moment où Ludus Cornélius Scipion mouillait dans les eaux de l'île de Corse : la fin de l'inscription tumulaire fait allusion à un temple voué sans doute par le général à la déesse des tempêtes, protectrice des vaisseaux romains. Chose singulière, le style de cette inscription gravée en creux, avec un titre rouge, est plus archaïque que celui de la précédente.
Le nom des Scipions et l'examen des œuvres dues au génie spontané de Rome, nous rapprochent du moment où la littérature originale des Latins se trouve arrêtée dans son libre épanouissement par son contact avec la civilisation grecque. On s'est demandé si le génie latin, livré, comme l'eût voulu Caton, à sa spontanéité personnelle, aurait pu produire une littérature véritablement romaine : c'est raisonner sur une hypothèse. Saint Évremond et Montesquieu remarquent avec justesse que les Romains mirent toujours à profit la connaissance des avantages que les autres peuples tenaient de leur nature ou de leur institution. Il n'est donc pas étonnant que les brillants modèles du génie artistique ou littéraire des Grecs aient arrêté les jets primitifs de l'initiative romaine, et tourné tout d'abord vers l'imitation des poètes les qualités propres à la trempe naïve du génie latin.
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