‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 26 sur 80 · HORACE · texte numérisé non relu

HORACE

sympathies pour le passé : il loue Sextias, Dellins, Ponapeius Grosphus, cassius de Parme, tous opposés au principat d'Auguste; il parle avec respect de yàme imployable de Catoo, et il rappelle avec or» gaeil ses rapports avec Brutus et les honneurs que celui-ci lui avait conférés. Seulement, il croit l'héritier de César nécessaire au bonheur de Rome, et c'est le sauveur de la patrie, le magistrat, en qui se concentrent tous les pouvoirs de l'ancienne République, qu'il salue librement de te» acclamations.

5*^. — Pièces philosophiques* La justesse de vue, dont Horace fait preuve dans ses œuvres didactiques, donne une saveur particulière à celles de ses odes qui roulent sur des sujets de philosophie morale. On ne peut savoir précisément s'il avait trouvé dans les lyriques grecs, Alcée, Mimnerme, Simonide, le cadre complet de ces pièces, à la fois sérieuses et enjouées, où il conseille le doux emploi du présent et les plaisirs d'une vie libre d'inquiétude; mais il est probable qu'il n'est redevable à personne des mouvements à l'aide desquels il essaye de retremper les courages et d'inspirer de salutaires pensées, en songeant à la brièveté de la vie, à la vanité de nos espérances, à la nécessité de la mort, à l'égalité des riches et des pauvres devant cette loi commune et fatale. N'est-il pas encore aussi utile que sensé, lorsqu'il recommande la médiocrité d'or, auream mediocritateniy préférable à des richesses fécondes en soucis et en tourments; lorsqu'il conseille à Dellius la modération dans la prospérité et la force d'âme dans le malheur; lorsqu'il engage Salluste à user avec libéralité des trésors que le ciel lui a départis; lorsqu'il s'élève contre les extravagances du luxe et cherche à ramener les Romains à la simplicité frugale des temps antiques; lorsqu'il honore la sainteté du nœud conjugal et montre la famille comme l'asile de toute moralité; lorsqu'il appelle ses concitoyens à la concorde et les supplie de jeter leurs

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armes fratricides ; lorsque, enfin, dans un style qu'on a rapproché de celui des Livres Saints, il montre la fortune élevant les humbles et abaissant les superbes? Telle est, en effet, la philosophie répandue dans les odes d'Horace : morale douce, familière, pratique, plutôt éclairée de la lumière naturelle qui guide tous les hommes, qu'enseignée par les sectes de la Grèce ; règle de conduite accessible à tous les ftges, à tous les lieux, à tous les temps; écho d'une voix amicale et vraiment socratique, qui invite et qui conseille, et non pas sévère réprimande d'un moraliste qui gronde, d'un censeur impitoyable qui reprend.

POésiB ÉPIQ^VE

Cn. Mattius. — Varro d'Atax« — Lucius Varius. — C. Rabirius. Pedo Âlbinovaaus. — Catulle. — Virgile.

Quelques poètes s'exercent dans l'épopée par des traductions ou par des imitations. Cn. Mattius, auteur de mimes, traduit VIliade en vers iambiques. Varro d'Atax (petite bourgade sur l'Aude, dans la Gaule narbonnaise) met en latin les Argonautiques d'Apollo* nies de Rhodes, et compose un poème sur la guerre de César contre les Séquanais. Lucius Varius chante en beaux vers les conquêtes d'Auguste et d'Agrippa. Caïus Rabirius écrit avec talent un poème sur la bataille d'Actium. Il reste de Pedo Albinovanus, auteur d'une Théséide, le fragment d'un poème sur le voyage de Germanicus dans la mer Septentrionale; mais il est difficile, sur des indications aussi restreintes, de juger quel fut le talent épique de cet écrivain. Enfin, Catulle trouve dans les Noces de Pelée et de ThétiSy qui ont fourni de beaux vers à Malherbe, des accents dont Virgile s'est souvenu, en écrivant son quatrième livre de VEnéide» Ariadne, abandonnée par Thésée, exhale

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