‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 35 sur 80 · OVIDE. — CATULLE. — VALERIUS CATON · texte numérisé non relu

OVIDE. — CATULLE. — VALERIUS CATON

mille fois le nom de l'époux qui lui était ravi ; puis elle voulut mourir et perdre, en mourant, le sentiment de sa douleur, et puis elle voulut vivre, pour se conserver, vivre pour moi ! Qu'elle vive, et, puisque les destins ont voulu mon exil, qu'elle vive, et que sa tendresse allège le mal de l'absent ! »

ÉPIORAMME

Ëpigramme : Ovide. — Catulle. — Valerius Giton. —

Virgile.

Ovide^ spirituel et touchant dans l'élégie, a aussi exerc4 son talent dans la satire : son poème intitulé Ibis, imité de Callimaque, est une série d'invectives contre un de ses détracteurs ; le mérite en est tout à fait secondaire.

Plus tin et plus réellement épigrammatique est Catulle, dont plusieurs pièces, lancées contre César, ont un tour mordant et virulent, et qui a tracé un modèle du genre dans la peinture d'un mauvais poète :

« Ce Sufienus, cher Varus, que tu connais bien, est un homme charmant, spirituel diseur et du meilleur monde, et puis il fait beaucoup, beaucoup de vers. Je crois qu'il en a d'écrits dix mille* et plus, non pas, selon l'usage, gravés sur palimpseste, mais papiers royaux, écorces neuves, ombilics neufs, lanières rouges, parchemins tendus au plomb, et le tout poli de pierre ponce. Quand tu les lis, cet aimable gardon, cet homme du monde, Sufienus, paraît un trayeur de chèvres, un terrassier, tant il est loin de lui-même et changé. Qu'est-ce i dire? Celui qui, tout à l'heure, semblait un rieur comme on en rencontre tant, devient plus sot que le plus sot des rustres, lorsqu'il a mis la main aux vers. Et cependant il n'est jamais si heureux que quand il écrit un poème; alors il se gaudit en soi et s'admire lui-môme. Pourquoi ? C'est

que nous avons tous la même illusion; et il n'est per> sonne en qui tu ne puisses voir un Sufifenus. A chacun est attachée son erreur ; mais nous ne voyons pas ce que la besace recèle dans sa poche de derrière. »

On peat rattacher au même genre les Dira; ou Imprécations d'un certain Valerius Caton, espèce de dialogue en vers, dont le sujet est double; d'abord plaintes d'un malheureux privé de son domaine, durant les proscriptions de Sulla; puis lamentations sur Pabsence d'une amante appelée Lydie ; le style de cette composition est correct, la versification facile et harmonieuse.

Parmi les pièces attribuées à Virgile, sous le nom de Catalectay on remarque quelques épigrammes contre Noctuinus, Lucius, le rhéteur Annius Cimber et d'autres maîtres d'éloquence; mais, outre qu'il n'est pas certain que Virgile soit l'auteur de ces différentes pièces, elles n'ont qu'une très médiocre valeur.

C'est Catulle qui reste le maître du genre.

SECONDE SECTION

PROSE

Histoire et géographie : L. Scribonius Libo. — Aultts Postumius. — M. Calpurnius Piso Frugi. — Ç. Fannius. — C. Sempronius Tuditanus. — L. Cselius Antipater. — P. Sempronius Asellio. — M. iEmilius Scaurus. — P. Rutilius Rufus. — Mémoires de Sulla. — Q. Lutatius Catulus. L. Cornélius Sisenna. — Q. Claudius Quadrigarius. — C. Liciuius Macer. — Jules César. — Hirtius. — Salluste. — Cornélius Nepos. — Tite-Live,

Les Origines de Caton l'Ancien étant un monument de génie, les essais qui les suivirent ne sortent guère

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