‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 42 sur 80 · MUSA. — CELSE · texte numérisé non relu

MUSA. — CELSE

Auguste de faire sortir de la ville les esclaves, les gladiateurs et les étrangers, il y eut une exception en faveur des précepteurs et des médecins.

Uiin d'eux, le plus distingué durant cette période, se nommait Antonius Musa. 11 était de la famille Pomponia, et frère d'Euphorbe, médecin de Juba, roi de Numidie. Horace et Virgile le tenaient en amitié, et ce dernier loue son esprit et son goût dans une épigramme agréablement tournée. Auguste, à son retour de la guerre contre les Cantabres, ayant été atteint d'une violente maladie du foie^ Musa, son médecin en titre, eut le bonheur de le guérir à l'aide de bains froids et de boissons rafraîchissantes. En récompense de cette cure, Musa reçut une grosse somme d'argent, le droit de porter l'anneau d'or des chevaliers et l'honneur insigne d'une statue élevée dans le temple d'Esculape. Il fut moins heureux dans les soins donnés à Marcellus, qui succomba, âgé de dix- huit ans, lors de son séjour aux eaux thermales de fiaïes; mais, comme on attribua la mort du jeune prince au poison, la réputation de Musa fut à l'abri du reproche d'ignorance. Il ne reste de Musa que de courts fragments.

Celsus Cornélius Aulus, à qui nous donnons le nom de Celse, a une bien plus grande notoriété. Il règne sur sa vie beaucoup d'incertitude, mais il parait vraisemblable qu'il vécut sous le règne d'Auguste. Ce n'ém tait pas seulement un habile médecin : sa science embrassait des connaissances très variées, jurisprudence, philosophie, rhétorique, économie, art militaire. En médecine (De arte medica), il se montre le disciple intelligent et sagace d'Hippocrate, d'Asclépiade et de Thémison, l'un des propagateurs de la médecine expérimentale, et il tire de leur exemple et de leurs doctrines un éclectisme ingénieux et nouveau. Ennemi des causes occultes, il veut que la médecine se fonde sur l'étude des causes évidentes : il recommande la dissection des cadavres, afin de s'assurer du siège et de la disposition des organes, en vue des soins donnés à l'homme vivant ou blessé. Comme pratiques d'hygiène,

il prescrit la promenade^ les poids à lever, les bains, les frictions, les lectures à haute voix. Historien de la science qu'il exerce, il montre les progrès accomplis par la chirurgie grecque et romaine, depuis Hippocrate jusqu'à son époque, et il fait une description très remar» quable des opérations et des instruments, répandant ainsi dans son livre un grand talent d'analyse et un réel bon sens pratique. Pour le style, il est d'une clarté parfaite ; il va même par instants jusqu'à l'élégance, et justifie l'éloge que quelques critiques font de Celse, en l'appelant le « Cicéron de la médecine ».

2® Architecture. Auguste, que Tite-Live appelle « le fondateur ou le restaurateur de tous les temples », voulut, pour conduire à bonne fin ses grandes entreprises d'architecture religieuse et civile, s'entourer des sculpteurs et des architectes grecs les plus habiles. Il fit venir de l'Egypte et de la Sicile les marbres les plus précieux, et les employa spécialement à la construction du temple de Jupiter Feretrius.

C'est à celte époque que paraît Marcus Vitruvius Pollio, que nous appelons Vitruve. On connaît peu les détails de sa vie. On sait seulement que, issu d'une famille aisée, il reçut une excellente éducation, servit en Gaule et en Espagne sous César, qui l'employait à la construction des machines de guerre. C'est donc surtout par son Traité d'architecture que Vitruve est connu. Il en termina la composition dans un âge avancé, et le présenta à Auguste, vers l'an 27 avant Jésus-Christ.

Cet ouvrage, qui résume toutes les connaissances architecturales de cette époque, est divisé en dix livres» Les quatre premiers traitent des qualités nécessaires à l'architecte, du choix des emplacements, des matériaux, de l'extraction des pierres, de la coupe des bois, des temples, des différents ordres, des ornements, de la décoration. Le cinquième livre est tout pariiculièrenient remarquable par la description des théâtres grecs, qui ont, à peu de changements près, servi de

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