STAGE
meté traditionnelle du latin classique. A ces causes d'altération et de déclin se joint la grande affluence des étrangers à Rome. Cicéron se plaignait dans son Brutus de l'invasion des barbares dans la langue latine. Qu'aurait-il dit cent ans plus tard ? La littérature vraiment romaine avait disparu.
PREMIÈRE SECTION
POÉSIE
POESIE XYRI Q,U E
I. Poésie lyrique: Csesius Bassus. — Passienus Paulus. — Septimius Serenus. — Vestritius Spurinna. — Sextius Augurinus. — Stace.
La première condition d'existence pour la poésie lyrique, c'est la libre expansion du sentiment, le jet spontané de la passion et de l'idée. On demande en vain ces qualités aux poètes lyriques de la décadence ; ils volent terre à terre^ la servitude leur a coupé les ailes. On en compte cependant quelques-uns^ qu'un mérite relatif a sauvés de l'oubli.
Cœsius Bassus était un ami de Perse^ qui lui donne le titre « d'artiste merveilleux »^ et qui le félicite des « mâles accents de sa poésie ». Quintiiien le rapproche d'Horace, mais les deux vers qui restent des odes de ce poète ne permettent guère de juger de son talent. On croit qu'il périt dans sa villa, lors de l'éruption du Vésuve, qui coûta la vie à Pline l'Ancien (79).
Passienus Paulus est un imitateur d'Horace et de Properce, dont il descendait. Pline le Jeune, son ami, parle de lui d'une façon aimable et touchante. Une grave maladie avait fait craindre pour ses jours. Pline écrit à son correspondant Severus(IX, 22) quelle perte
auraient éprouvée les lettres, si Passienus leur avait été ravi, a Ses écrits, dit-il, sont pleins de variété et de souplesse : il parle d'amour comme sMl aimait ; il se plaint en homme désolé; il loue avec une entière bienveillance; il joue avec un charmant abandon; il est parfait en tout, comme s'il n'excellai( qu'en un point». Cet éloge fait regretter que les ouvrages de Passienus soient perdus.
II existe quelques rares fragments du recueil de Scptimius Serenus, intitulé Falisca, La pièce principale est une description de la ferme que ce poète possédait dans les pays des Falisques. Serenus avait assez de valt^ur pour qu'on lui ait attribué la jolie composition de Virgile, le Moretum,
Vestritius Spurinna fut à la fois poète et général. Comme poète, Pline le Jeune (II, 7; III, 1) loue la douceur et l'enjouement de ses pièces grecques et latines. « dont la vertu de l'auteur rehausse encore le prix ». Comme général, Spurinna, pour avoir rétabli dans ses Etats le roi des Bructères, peuple germain^ eut rhonneur de se voir élever une statue triomphale, sur la. proposition de Trajan.
On doit encore à Pline le Jeune (IV, 27) une appréciation intéressante des Petits poèmes de Sextius Augurinus. C'étaient des pièces d'un tour varié : nobles, galantes, tendres, douces, piquantes, avec de la finesse, de la justesse, de la vivacité dans le trait. Et Pline cite, à l'appui de son dire, une pièce de huit vers, qui ne manque pas d'agrément.
Stace a placé dans son recueil intitulé les Silves, dont il sera question pluslom, deux pièces qui ont un caractère tout à fait lyrique. L'une, adressée au poète Sepiimius Serenus, est la seule en vers alcaïques que l'on connaisse après celles d'Horace. La seconde, dédiée à MaximusJunius sur la naissance d'un fils, est une des meilleures de cette période, on y trouve de la grâce et du sentiment :
*. Tu viens de donner un appui à ta maison solitaire. O jour