‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 63 sur 80 · APULÉE · texte numérisé non relu

APULÉE

comme à plaisir, toutes les exagérations ^de la prodigalité romaine ; le conte de la Matrone d'Ephèse, imité par La Fontaine ; l'histoire fantastique d'un loup-garou; la mort de Lycas, dont le cadavre noyé inspire à l'auteur de douloureuses réflexions sur l'inconstance des choses humaines ; une éloquente sortie contre la passion de l'argent, vraie cause de la décadence des lettres et des arts. Le style de»Pétrone, souvent affecté et raffiné, a par moments de l'éclat, de la vivacité, de l'élégance.

Apulée. — Apulée (Lucius Apuleius) naquit àMadaure. ville d'Afrique, vers l'an 138, d'autres disent 114 de Jésus- Christ. Son éducation, commencée à Carthage, se développa par de longs séjours à Athènes et à Rome, et par de fréquents voyages en Orient et en Egypte. De retour à Carthage, il y brilla comme avocat et comme orateur. Marié à une riche veuve, dont le fils Pontianus l'accusa de « magie », il prononça devant les tribunaux une Apologie très estimée de saint Augustin, et gagna sa cause. Il mourut à Carthage vers la fin du règne de Marc-Aurèle,à l'âge de cinquante-deux ou de soixantedix ans. L'oeuvre littéraire d'Apulée se compose spécialement de dissertations philosophiques. Sur le dieu ou Démon de Socrate, Sur la doctrine de Platon ^et Sur le monde; de vingt-quatre morceaux oratoires d'une médiocre étendue et formant un recueil intitulé Florides {Lqs fleurs). On remarque dans quelques-uns de ces écrits, dont le style est trop souvent dépourvu de naturel, une tendance mystique, empruntée à l'école néo-platonicienne.

Mais l'ouvrage le plus important et le plus connu d'Apulée est le roman qui a pour titre : les Métamorphoses ou l'Ane d*or. C'est une imitation de Lucien. Il a pour sujet les aventures d'un jeune homme, qui, voulant se transformer en oiseau, à l'aide de philtres fournis par une magicienne, se trompe de fiole, est métamorphosé en âne, recouvre sa première forme en mangeant des roses, et raconte les misères et les singularités de sa vie de bête. Œuvre d'une ima-

gination qui s'égare parfois jusqu'à la licence, l'Ane d'or offre pourtant des tableaux satiriques et vrais de la société que l'auteur avait sous les yeux. On y remarque aussi plusieurs épisodes intéressants, entre autres celui de l'Amour et Psyché, imité par La Fontaine, et présentant, sous le voile d'un mythe gracieux, une allusion délicate à la destinée de l'ame humaine.

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