‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 64 sur 80 · DU SIÈCLE DES ANTONINS · texte numérisé non relu

DU SIÈCLE DES ANTONINS

l'an 138 APRÈS J.-C. JUSQ^u'a LA CHUTE

DE l'empire d'occident (476)

PREMIÈRE SECTION

POESIE

A décadence, si fortement marquée dans la période précédente, s'accentue davantage lors de ia chute imminente de l'Empire. Le génie antique est mort, et l'humanité soupire après une aurore nouvelle.

Mais, en attendant l'heure de ce réveil, la pensée se débat dans les langueurs de la stérilité ou dans la poursuite du beau littéraire, qu'elle est impuissante à atteindre et à transmettre. A peine surnage-t-il quelques écrivains de mérite, au milieu du naufrage du monde romain. Il est impossible d'admirer leur génie, mais peut-être faut-il leur savoir gré de leur courage à conserver les restes d'une littérature qui va sombrer.

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rOfcflE LYR^UE.

Hymnes cbrétieiines. — Qaatrains et petits poèmes iTAizsoae

C'eut dans le chœor des églises chrétiennes qae U poésie lyrique reprend son essor et porte vers le ciel S2S hymnes inspirées par Tamour divin et par la fcM. Noos ne pouvons donc, dans une histoire de la littérature païenne, qu'enregistrer les noms des hommes qui se sont le plus distingués dans ce nouveau genre : saint Arobroise, archevêque de Milan, qui ajoute à ses poésies sacrées le beau chœur du TeDeum; Prudence, dont les hymnes, composées pour les différentes fêtes ou en l'honneur des principaux martyrs, spécialement des saints Innocents, abondent en sentiments délicats, en images gracieuses; Claudien Mamcrt, auteur de l'hymne Pange lingua sur la Passion du Christ ; Sedulius, aux écrits duquel l'Église a emprunté des hymnes pour les fêtes de Noël, de l'Epiphanie, et d'autres encore. Tous ces prédécesseurs de Coffin et de Santeuil ont de l'élan, de la conviction, quelquefois même d'heureux souvenirs de la langae des bons siècles.

Âusone (Decimus Magnus), fils d'un médecin distingué, naquit à Bordeaux en 309, fit de brillantes études sous des maîtres habiles, suivit la carrière du barreau et professa la rhétorique. Estimé de l'empereur Valentinien, il fut appelé à la cour de Trêves et devint le précepteur du futur empereur Gratien, dont il resta le conseiller et l'ami. Sa situation auprès du souverain lui valut les honneurs de la questure, de la préfecture de l'Italie et du consulat. Ami de Symmaque, l'éminent orateur, et de saint Paulin, son ancien disciple, Ausone se plut à échanger avec eux une correspondance pleine de naturel et de tendresse. Les

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