‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 67 sur 80 · DIONYSIUS CATO. J · texte numérisé non relu

DIONYSIUS CATO. J

les Phénomènes tl les Pronostics, en y ajoutant quel<Jues légendes anciennes^ il a composé, en vers hexamètres, une Description de la terre, qui renferme, sous une forme correcte, les connaissances de ce temps sur la géographie physique et politique ; et, en vers iambiques, une Description des côtes de la Méditerranée, depuis le détroit de Gibraltar jusqu'à Marseille.

Dionysius Cato ou Caton, moraliste stoïcien du m* siècle, est un des précurseurs de Guy du Faur de Pibrac, dont les Quatrains ont contribué au mâle enseignement de nos pères. Les Distiques moraux de Caton sont adres* ses à son fils, auquel il se propose « d'enseigner comment il doit régler sa conduite. » — u Si l'on s'étonne, dit-il, que j'écris des vers dans un style tout uni, c'est que j'ai voulu renfermer dans un distique le sens de chacun de mes préceptes. » Envisagé par ce côté, le livre de Caton est en réalité plus utile qu'agréable, plus correct qu'élégant. Mais on comprend que, sous le rapport moral, il mérite l'estime passionnée que professent pour lui Érasme et Scaliger. Voici quelques préceptes pratiques qui permettent d'apprécier le ton général de l'ouvrage :

— En jugeant les autres, songez que personne n'est exempt de blâme, et soyez surtout indulgent pour ceux qui vous aiment.

— Soyez sans pitié pour les fautes commises en état d'ivresse : ce n'est pas le vin qui est coupable, c'est le buveur.

— Pour éviter le besoin, usez économiquement de la fortune, et, pour mieux la consierver, figurez-vous toujours ne la point posséder.

Ces préceptes, conformes au bon sens, font honneur au poète gnomique qui les a formulés, et justifient l'ambition qu'il a d'enseigner aux hommes le secret de marcher d'un pas ferme, sans autres guides que les lumières de la raison.

SECONDE SECTION

PROSE

Histoire ; Scriptores historiée Augusta, — Aurelius Victor. — Eutrope, — Ampelius. — Paul Orose. — Ammien Marcellin.

On range sous le nom d'Ecrivains de l* histoire Auguste les compilateurs qui, sur les traces des Dou\e Césars de Suétone, ont rédigé la biographie anecdotique des empereurs romains depuis Hadrien jusqu'à Carus et ses fils Carin et Numérien (117-284) : il en manque quelques-unes, entre autres celles de Nerva et de Trajan. Dépourvues de critique, de science et de style, ces notices ont pourtant l'avantage de suppléer à un grand nombre d'ouvrages qui ont péri. Quel est l'auteur spécial qui a recousu en un corps de volume ces biographies distinctes? On ne le sait. Voici toutefois les noms des six auteurs auxquels on les attribue :

i® Spartien (^lius Spartianus), qui vivait sous Diocléiien et qui a écrit les notices concernant Hadrien, ^lius Verus, Didîus Julianus, Septime Sévère, Gara* calla et Geta;

a® Vulcatius Gallicanus, auteur de celle d'Avidius Cassius ;

3** Trebellius Pollio, vil adulateur de la puissance, biographe des deux Valérien, des deux Gallien^ des Trente tyrans ;

4° Flavius Vopiscus, de Syracuse, historien sérieux, intelligent, exact, puisant comme Suétone aux bonnes sources, telles qu'archives publiques, pièces officielles, correspondances diverses ; auteur des biographies d'Au-

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rélien, de Tacite, de Florianus, de Probas, de Firmus, de Saturnin, de Procalas, de Bonosus, de Carus, de Carin et de Numérien;

$^ iElius Lampridius, regardé comme le même qa'i£lius Spartien, rédacteur des notices relatives à Commode, Diadumène, Elagabal, Alexandre Sévère;

6^ Jules Capitolin, auteur des biographies d'Antonin le Pieux, de Marc Aurèle, de Lucius Verus, de Pertinax, de Clodius Albinus, etc.

AurelitLS Victor, — Aurelius Victor, né en Afrique dans une humble condition, mais revêtu par Julien de charges importantes, fut préfet de Rome sous Théodose. Quoique dédaigné par RoUin, ce n'est pas un historien sans quelque mérite. Son De viris illustribus urbis Romce, qui est peut-être un abrégé du grand ouvrage de Cornélius Nepos, est un livre utile pour la connaissance élémentaire de l'histoire romaine depuis Romulus jusqu'à la mort de Cléopâtre. Ses Biographies des Césars sont une œuvre intéressante, d'un style simple, offrant des indications choisies avec discernement.

Eutrope. — Eutrope (Flavius Eutropius), secrétaire de Constantin et compagnon de Julien dans son expédition co ntre les Perses, proconsul d'Asie, rédacteur aux ordres de Valeus, composa en style clair un Abrégé de Vhistoire romaine, où l'on trouve des renseignements précieux, et qu'on peut lire même après les ouvrages de Velleius Paterculus et de Florus.

Ampelius, — A la suite de V Abrégé de Florus on trouve souvent imprimé le Lt^er m^morta/f s d'Ampelius. C'est une sorte de répertoire, divisé en cinquante chapitres, sur ce que l'auteur a cru intéressant de faire connaître en astronomie, en géographie et en histoire. Quoique très serré, comme un sommaire, l'ouvrage d'Ampelius ne manque pas d'une certaine valeur.

Orose, — Paul Orose est un disciple de saint Augustin . Le titre de son œuvre est bizarre, tronqué sans doute et défiguré ; De hormesta, ou de nussia, ou de miseria mundi : le fond en est sévère, grand, abondant en fécondes leçons. C'est comme an appendice de la Cité de Dieu,

Les païens, après la prise de Rome par Alaric, rejetaient ces malheurs sur la religion chrétienne et y opposaient la puissance de Rome au temps du paganisme. Saint Augustin leur répondait que les Barbares avaient épargné, par le seul respect du nom de Jésus- Christ, ceux qui s'étaient léfugiés dans les églises, et que, par voie de conséquence, c'étaient les mœurs corrompues de Rome, sous l'influence des dieux, modèles de tous les désordres, qui avaient attiré les Visigotbs ou les Vandales. Le paganisme est donc erroné, absurde, insoutenable. Il y a deux cités : celle de Satan, le mal ; celle de Dieu, le bien. L'homme, créé bon, peat et doit choisir. Le premier homme, entraîné par Satan, a choisi le mal ; racheté par le Christ, il peut désormais choisir la cité du bien, la cité de Dieu. Telles sont les idées professées par saint Augustin et par son disciple. Bossuet, dans son Discours sur l histoire universelle, y a largement puisé, et il paraît vraisemblable que Vico et Herder ont emprunté plusieurs de leurs idées à cette affirmation de l'intervention de la Providence dans les choses d'ici-bas.

Ammien Marcellin, — Ammien Marcellin est une figure très considérable dans un siècle d'abaissement intellectuel et moral. On sait que. Grec d'origine, il naquit à Antioche, vers l'an 330, et qu'il mourut vers 400. Ses parents étaient ingenui, c'est-à-dire appartenant à la noblesse. Il servît très jeune en Orient sous le règne de Constance, dans une cohorte de cavalerie commandée par Ursicinus, homme distingué, dont il parle avec éloge dans son livre. Il l'accompagne ensuite dans deux expéditions^ l'une en Gaule et l'autre en Perse. Nommé protecteur domestique, quelque chose comme garde du corps, il combat sur le Rhin, sur le Danube, en Mésopotamie, à la prise d'Argentoratum (Strasbourg) et fait partie de l'état-major de l'empereur Julien, au moment où celui-ci est tué à Phrygia. Peu de temps après, il se retire à Antioche et enfin à Rome, où il écrit son livre intitulé Rerum gestarum libri xxxx, autrement dit Histoire de l'empire romain^ depuis le

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