CARACTE-RE DE I.A RACE ITALIENNE
goûts artistiques des peuplades grecques en faisaient un délicieux séjour. Aujourd'hui même la terre donne quatre récoltes par an ; les oliviers et les figuiers y abondent; de longues files de peupliers portent dtê vignes qui grimpent jusqu'au faîte de leurs vertes pyramides; les myrtes et les roses y confondent leurs feuillages et leurs parfums ; les ramiers et les rossignols s'y plaisent sous les bosquets. Tous les Romains opulents construisaient leurs villas ou leurs tombeaux dans ce « coin du ciel tombé sur la terre » . Aussi est-ce par là que la civilisation hellénique a fait brèche dans la rusticité latine et l'a pénétrée de son exquise saveur.
On peut en dire autant de la Lucanie, de l'Apulie, de la Calabre et du Bruttium. La fertilité du territoire, l'excellence des vignes œnotriennes, le suc onctueux des olives, la beauté des fruits, la vitesse des chevaux, l'épaisseur des herbages, la forte membrure des boeufs, les essences variées des bois, les spectacles contrastés que la transparence de l'air, les jeux de la lumière et de l'ombre sur la verdure des montagnes ou sur l'azur limpide des flots, étalent aux yeux des voyageurs, justifient les éloges de Cicéron, de Virgile, de Tite-Live et de Pline. Le point essentiel à noter, c'est qu'on est moins en Italie qu'en Grèce ; le climat, le sol, Thomme, le langage ne sont plus ceux du nord ; partout des colonies doriennes et achéennes : Tarente, Sybaris, Crotone, Caulonia, Siris, Metaponte, Locres, Rhegium. La race latine, mise en contact par la guerre et par la conquête avec ces populations ingénieuses, passionnées, ouvertes aux impressions mobiles de la poésie et des arts, finit par assouplir sa grossièreté primitive, et par mettre dans ses productions un accent original, qui renforce et rehausse la timidité de ses imitations.
Si des faits et des observations qui précèdent nous dégageons quelques inductions relatives au caractère physique, intellectuel et moral de la race italienne, considérée dans son ensemble, voici les points auxquels la réflexion permet d'arriver.
En négligeant les éléments particuliers, propres à chaque tribu isolée, on peut grouper ainsi les traits les plus saillants des populations disséminées dans les plaines, sur le littoral et au cœur des montagnes de l'Italie. La tête haute, ronde, développée, affecte les courbes d'an ovale régulier : le front est ouvert^ bombé ; les yeux, noirs ou d'un gris bleu, ont un éclat expressif, pénétrant, que voile parfois l'épaisseur des sourcils; le nez, sec, droit, ferme, accentué, suit une ligne plus ou moins arquée, qui n'est pas dépourvue d'élégance ; la finesse de la bouche, agréablement cintrée, s'alourdit quelquefois par la grosseur des lèvres; le menton, proéminent et rond, indique une volonté tenace, énergique; le cou est nerveux, bien attaché; la barbe et les cheveux, noirs, blonds ou roux, encadrent la figure ou retombent sur les épaules ; l'angle facial s'ouvre largement comme dans toutes les races intelligentes ; la physionomie, souvent calme et grave, s'anime sous l'influence des diverses passions; le teint est brun, chaud, coloré, un peu bilieux ; l'ensemble du corps a de la proportion et de l'harmonie; la taille, moyenne, est svelte, élancée; les articulations des membres sont justeçient nouées, peu couvertes de chair; les muscles y dominent; les attaches sont fines, les épaules hautes et larges, les bras vigoureux, les mains prestes, la poitrine dégagée, les hanches et le ventre serrés, les cuisses robustes, les jambes sèches et souples, le pied mince et flexible : conformation heureusement équilibrée, qui favorise le jeu des mouvements nécessaires à une vie active, occupée, animée, inquiète, remuante, en lutte constante avec la nature, les animaux et les hommes. Montagnards, pirates, laboureurs, soldats, il faut agir : chasser le loup, l'ours, le sanglier qui menacent les moutons, les chèvres, les porcs, les racines et les plantes fourragères, tailler le bois, soulever les lourds filets de pêche, lutter contre les flots et les voleurs marins, remuer le sol, élever les bestiaux, moudre le blé, presser le raisin et l'olive, carder la laine, tisser