‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 108 sur 433 · Voir nos Morceaux traduits des auteurs latine, p. 93-9S · texte numérisé non relu

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mort de Gicéron ; vainqueur, Antoine n'y pouvait répondre que par le poignard. Les treize autres Philip-piques ont aussi de grandes qualités : on vante surtout la quatorzième, que Gicéron prononça en Thonneur de la victoire gagnée par Hirtius, Pansa et Octave sur Tarmée d'Antoine; le brillant éloge des soldats de la légion de Mars est souvent cité. Mais on ne peut se défendre de trouver dans ce discours et dans les autres un peu de déclamation, et de regretter l'absence des idées pratiques et précises que réclamaient les circonstances. Partout c'est l'homme qui se livre à l'élan de ses passions personnelles, rarement le grand personnage à qui l'autorité du rang, du caractère et de Texpérience, l'éclat du talent et des services rendus, imposent, dans les terribles dangers du moment, le devoir de diriger les affaires et de sauver la république. Démosthèné, à qui Gicéron pensait en donnant à ces discours le nom de Philippiqms^^dX\^{d\i bien plus l'esprit du lecteur. Il ne se contente pas de signaler à ses concitoyens l'ambition, l'astuce et l'improbité de l'ennemi d'Athènes : il insiste sur les moyens de le combattre ; il indique les mesures à prendre, les flottes à équiper, les troupes à réunir, les impôts à voter ; il presse, il gourmande ce peuple léger et indolent qui a tant besoin d'être réveillé. Tous ces discours ont leur objet précis et déterminé, tous arrivent à une conclusion pratique ; c'est bien l'œuvre d'un homme d'Etat dont les discours sont, en quelque sorte, des actes, qui ne songe pas qu'il est orateur, qui « sort de lui-même et ne voit que la patrie * » . Démosthèné est le plus sérieux, le plus fort, le plus pressant des orateurs politiques; Gicéron est le plus habile et le plus fécond, le plus brillant et le plus persuasif des avocats.

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