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Voir de Finibus, I ; de Offlc., I; deNatura deorum, I

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nulle part il n'a eu l'idée de penser pour son propre compte : il a emprunté ses idées aux Grecs, et les a développées avec une chaleur de style, une force de raisonnement, qui rappellent partout l'orateur. Son* système est celui de l'Académie, c'est-à-dire un demiscepticisme qui permet de s'animer pour toutes les idées vraisemblables, sans s'attacher fortement à aucune. D'ailleurs la sécheresse des épicuriens, la raideur et l'exagération des stoïciens rebutaient son âme avant tout littéraire, et il avoue qu'il aimerait mieux se tromper avec Platon qu'avoir raison avec Zenon ou Chrysippe.

En vrai disciple de l'Académie, il a adopté la forme du dialogue, et sur les douze ouvrages qui nous restent de lui, deux seulement, la Divination et les Devoirs, sont des traités didactiques. Mais ces dialogues sont le plus souvent une suite de discours qui se répondent et dont chacun a son exorde, sa preuve, sa péroraison, tous les artifices du barreau. Ainsi là encore nous retrouvons l'orateur; quand la grande tribune du forum manque à Gicéron, la philosophie est pour lui comme une tribune domestique qui lui adoucit la perte de l'autre.

Dans la République, Scipion Emilien et ses amis, Tubéron, G. Laelius, Rutilius Rufus, Scœvola, etc., dissertent ensemble sur la meilleure forme de gouvernement. Des six livres que comprenait cet ouvrage, nous ne possédons guère que les deux premiers, qui sont incomplets, et un fragment célèbre du VP livre, le Songe de Scipion^ qui a été conservé par Técrivain Macrobe. La plus grande partie de ce que nous possédons a été découverte en 1822 *. Le premier livre passe en revue les différentes formes de gouvernoment, monarchie, aristocratie et démocratie, et cou-

1. Par le cardinal Angelo Mai, dans un palimpseste du Vaticaa,

dut à runion de ces trois formes dans un gouvernement mixte. Le deuxième livre contient un essai sur l'histoire de Rome et sur sa constitution primitive. Au VI' livre, le Songe de Scipion, auquel le premier Africain révèle ce qu'est la vie future, nous fait connaître les idées de Cicéron sur Timmortalité de l'âme.

Le traité Des lois, qui suivit de près ]di République, ne fut pas achevé par Cicéron. Il comprenait probablement six livres ; trois seulement nous sont parvenus et avec des lacunes. Le premier livre est une sorte de traité du droit naturel ; le second discute surtout le droit religieux, et le troisième l'organisation du pouvoir.

Parmi les autres ouvrages, les principaux sont le traité Des vrais biens et des vrais maux [De finlbus bonorum et malorum), en cinq livres, où sont exposés les doctrines des philosophes grecs sur le souverain bien et le souverain mal, avec une critique de ces doctrines ; les Académiques, en quatre livres, aperçu des théories des académiciens sur la connaissance ; les Tusculanes, ensemble de cinq dialogues sur la mort, la douleur physique, la douleur morale, les autres passions de l'âme, et enfin sur la vertu, seule source du bonheur; les trois dialogues Sur la nature des dieux, sorte de théodicée où un épicurien, un stoïcien et un académicien exposent et discutent toutes les opinions des philosophes sur cette grande question ; le traité De la divination, en deux livres, qui conclut à la négation de la science des devins ; les Devoirs [De officiis), en trois livres, code complet de morale particulière que l'auteur dédie à son fils ; Cicéron y étudie la nature de l'honnête (livre I), de l'utile (livre II), puis la subordination de l'utile à l'honnête (livre III). Ajoutons à cette liste les deux charmants dialogues Sur la vieillesse (Cato major, sive de senectute) et Sur P amitié (Lœlius, sive de amicitia), un fragment conservé du De

fato^ contre l'idée stoïcienne de la fatalité. Disons que Gicéron, dans son Hortensius, avait présenté une apologie en forme de la philosophie; qu'il avait célébré, dans deux ouvrages également perdus, la vertu et la gloire, et nous aurons donné au moins un aperçu de ses travaux philosophiques. Si on les ajoute à ses discours et à ses traités oratoires, on pourra juger de la fécondité prodigieuse de cet esprit si à Taise au milieu de toutes les questions, si habile à s'approprier toutes les idées*.

Poésies de Cicéron. — Ce ne sont pas encore là tous ses titres : il nous reste à parler de ses poésies et surtout de ses lettres. A cette époque, la poésie était à la mode : outre les poètes de métier, comme Archias, on pourrait citer un grand nombre de poètes de société, tels que Sisenna, Hortensius, Calvus, Quintus Cicéron le grand César lui-même. Cicéron ne renonça pas, dans l'âge mûr, au culte que sa jeunesse avait rendu aux Muses : les poèmes Sur son consulat et Sur son temps {De temporibus suis), l'attestent aussi bien que les traductions en vers de plusieurs morceaux d'Eschyle et de Sophocle qu'il a placées dans ses Tusculanes. Nous possédons presque en entier les Phénomènes, traduction d'Aratus qui remonte à sa jeunesse ; il publia aussi plus tard les Pronostics, traduits du même poète. Il en reste un petit nombre de vers, qui ne font pas regretter la perte de l'ensemble. Dans le De divinatione, Cicéron cite un combat entre un aigle et un serpent ^, emprunté au poème Sur Marius, et une longue énumération de prodiges ' qui faisait partic du poème Sur le consulat. Quant au poème Sur son

1. Voir différents extraits des ouvrages philosophiques de Cicéron dans nos Morceaux traduits des auteurs latins y p. 99 k 110.

temps^xïous n'en connaissons que le vers orgueilleux qui blessa Pompée et cet autre que Juvénal a ridiculisé * :

0 fortunatam natam me consule Romam î 0 Rome fortunée sous mon consulat 2. I

Le combat de l'aigle et du serpent, traduit et surpassé par Voltaire 3, n'est pas sans mérite : les vers ont de la fermeté et du mouvement, les coupes sont vigoureuses ; mais la couleur de l'expression, la construction de la période, sont plus oratoires que poétiques. C'est, en général, lé caractère des poésies de Cicéron ; le plus souvent même ses vers sont lourds, traînants, sans précision et sans harmonie ; il est loin de la facilité élégante de son ami Catulle et de la verve d'un autre de ses contemporains, le fameux Lucrèce. Au reste, à l'exception de Plutarque, juge récusable en fait de littérature latine, et de Pline le jeune, un peu superstitieux dans son culte pour Cicéron, trop dépourvu d'ailleurs de chaleur et de force pour se connaître en poésie, l'antiquité a parlé sévèrement des vers du grand orateur, et Martial félicite un mauvais poète de composer en dépit d'Apollon et des Muses ; il a, dit-il, cela de commun avec Cicé-

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