‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 113 sur 433 · Particulièrement MM. Drumann et Mommsen · texte numérisé non relu

Particulièrement MM. Drumann et Mommsen

ments contre lui, l'impression générale ne lui est pas défavorable; au milieu de la corruption, de Tégoïsmc profond de la plupart de ses contemporains, on reconnaît en lui un homme honnête, désintéressé, animé d'un patriotisme sincère, bon, obligeant, humain. Tel est, en particulier, le caractère de ses lettres à Quintus ; on y trouve partout le ton bienveillant et afiPectueux d'un frère aîné qui conseille à son frère, gouverneur d'une province, la modération, Tintégrité et la justice; et ces conseils ont une autorité particulière, car la conduite de Gicéron lui donnait le droit de prêcher cette morale peu en usage chez ses contemporains.

A l'intérêt historique et moral des lettres de Gicéron se joint encore le plus vif intérêt littéraire. Rien de plus vrai, de plus naturel, de plus varié, que cette correspondance. La forme épistolaire n'est pas là un prétexte comme chez Sénèque ou Pline le jeune ; ce n'est pas un genre nouveau de dissertation philosophique, une nouvelle manière d'arriver à la gloire d'auteur : tout est motivé, tout est pour les amis avec lesquels s'entretient Gicéron. Dans ces lettres, la littérature et les arts ont leur place à côté de la politique. Quelquefois c'est une causerie vive et charmante, quelquefois un véritable discours ; ce qui frappe dans les plus abandonnées, ce n'est pas un ton léger et sautillant, mais une élégance sérieuse et quelque chose des habitudes oratoires ; on se figure ainsi une conversation sénatoriale. Nous le voyons, chez Gicéron, l'orateur se retrouve partout, même dans les traités philosophiques, même dans les poésies, même dans les lettres. Nous n'avons pas conservé VHistoire de son consulat, écrite en grec, ni un mémoire dans lequel il exposait sa conduite politique pendant cette môme période de sa vie*. Il se proposait d'écrire une

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