Ch. LXXY
comme autant de tableaux parfaits qu'il place dans un jour favorable. Doué d'un si beau privilège, qu'il unit d'ailleurs aux autres parties de l'art, je ne vois pas à quel rival il pourrait le céder. Sa déclamation est brillante et pleine de franchise ; sa voix, son geste, tout son extérieur a quelque chose de noble et de majestueux.
Les éloges de Quintilien * ne sont pas moins complets :
Si G. César s'était livré uniquement aux travaux du forum, il n'y aurait pas chez nous d'autre orateur à opposer à Cicéron. 11 a tant de force, tant de finesse, tant de mouvement, qu'on voit bien qu'il mettait la même ardeur à parler qu'à faire la guerre. Et pourtant il rehausse encore ces qualités par cette merveilleuse élégance de style qu'il recherchait particulièrement.
Fronton, Marc-Aurèle, tous les rhéteurs reproduisent ces jugements et renchérissent sur ces louanges.
Ouvrages de grammaire et de littérature. — Traité de l'analogie. — Ce que Cicéron et Quintilien disent de la pureté du style de César explique Timportance qu'il attachait aux études de grammaire et le temps qu'il y consacra, môme au milieu de ses rudes et laborieuses campagnes de Gaule. En effet, au rapport de Suétone, ce fut durant le passage des Alpes et en allant rejoindre son armée que César composa le traité De Panalogie dans le langage, qu'il dédia à Cicéron. Celui-ci, dans le Dialogue sur les orateurs illustres, se fait dire par Atticus :
Eh ! n'avez-vous pas vu César, au temps de ses plus grandes occupations, vous adresser un savant traité sur la