Nuits attiquea, VII
Mais le plus vaste des travaux de Cornélius était, à ce qu'il semble, le recueil qui, au témoignage d'Aulu- Gelle et du grammairien Charisius, portait ce titre : De viris illustribtts, et qui comprenait, en seize livres au moins, les Vies des grands généraux étrangers et romains^ les Vies des historiens grecs, les Vies des historiens latins, dont faisaient partie, selon les scoliastes, la biographie conservée de Caton et peut-être celle d'Atticus. On peut conjecturer aussi qu'il avait fait entrer dans son cadre une histoire des poètes latins.
En dehors de ce recueil, il avait composé, comme il le dit lui-même, à la sollicitation d'Atticus *, une biographie particulière de Gaton ; il avait écrit une vie étendue de Cicéron *, ce qui prouve qu'il sut rester fidèle à ses amis, même quand il était dangereux de s'en souvenir. Nous avons déjà cité le passage dans lequel il déplore courageusement la perte de Cicéron, dont la mort, dit-il, a été aussi fatale à Thistoire qu'à la république.
Vies des grands capitaines. — De tous ces travaux^ il ne nous reste aujourd'hui qu'un recueil très peu homogène adressé à Pomponius Atticus, les Vies des grands capitaines des nations étrangères. On y trouve la biographie de dix-neuf capitaines grecs, celle du Perse Datame, des Carthagipois Amilcar et Annibal. Les biographies die Caton et d'Atticus, qui terminent aujourd'hui le livre, n'entraient certainement pas dans cette partie du recueil. La Vie d' Atticus nous paraît, comme était la Vie de Cicéron, une œuvre isolée, inspirée d'abord par l'affection et achevée, après la mort d'Atticus, comme un dernier hommage à la mémoire de l'ami qui n'était plus.
Pendant longtemps les Vies des grands capitaines