‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 123 sur 433 · Anlu-GeUe, Nuits attiques, XV · texte numérisé non relu

Anlu-GeUe, Nuits attiques, XV

furent données sous un autre nom que celui de Cornélius Népos. La première édition, publiée à Venise en 1471 , les attribuait à un certain iEmilius Probus, qui vivait à la fin du quatrième siècle, sous le règne de Théodose, auquel il aurait dédié son livre. On croyait n'avoir de Cornélius que les biographies de Caton et d*Atticus, tirées d'un autre manuscrit. Après un siècle, Touvrage fut restitué à Cornélius Népos par le savant commentateur Lambin. Dans la préface de rédition qu'il publia en 4569, il établit son opinion sur des preuves nombreuses et concluantes. Le style ne pouvait appartenir au siècle de Théodose ; beaucoup de passages du livre montraient clairement que l'auteur, loin de vivre dans une monarchie régulière, acceptée de tous comme un fait ancien et légitime, avait écrit à une époque de transition, où le peuple conservait encore une ombre de puissance, où déjà se préparait la domination d'un seul ; beaucoup d'allusions significatives plaçaient évidemment l'auteur dans l'âge de Pompée et de César. Quant à la dédicace qui précède le livre, dédicace écrite en distiques plats, rudes, incorrects, fort peu dignes de la prose dont ils se font les introducteurs, Lambin en donne une explication bien simple : ^Emilius Probus était un copiste ; il a transcrit, à l'intention de Théodose, l'ouvrage de Népos : ce qui est de lui, c'est le livre dans le sens matériel du mot ; son œuvre, c'est le travail manuel, auquel ont concouru son aïeul et son père. Cette interprétation des vers de Probus est plus conforme que toute autre au sens rigoureux et littéral du passage *. On en a cependant proposé une autre : Pro-

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