Pélopid., I
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rétendue de celles de Plutarque, le but particulier que se proposaient les écrivains suffit pour expliquer cette différence : Cornélius, vivant à une époque toute politique, n'a vu ses héros que dans la vie publique, tandis que Plutarque donne en moraliste beaucoup de détails intéressants sur leur caractère et leur vie privée. Le titre de Touvrage a dû influer aussi sur la nature des développements. Ce sont des biographies de généraux : Cornélius se borne donc à nous montrer le chef politique et militaire.
Quoi qu'on en ait dit, la biographie de Caton ne contraste pas avec Taridité du recueil des grands généraux. Les trois chapitres qui la composent sont une simple énumération de toutes les fonctions remplies par Caton, de toutes les circonstances de sa vie politique et militaire, avec quelques mots de portrait. Son seul mérite, c'est de nous faire connaître par une simple table de chapitres le sujet et la marche des Origines j et de nous laisser assez deviner l'importance de ce livre pour que nous en regrettions vivement la perte. Quant à la Vie d'Atticus, nous avons vu qu'elle a été probablement l'objet d'un travail particulier. Est-il étonnant que, pour le plan et le développement, elle diffère de biographies qui faisaient partie d'un ensemble ? L'amitié même qui unissait l'auteur à son personnage n'a-t-elle pas dû amener une abondance de détails qu'il ne faut pas chercher dans les Vies des grands capitaines ?
Restent les fautes de latinité, qu'on ne veut pas mettre sur le compte de Cornélius. Remarquons d'abord que le respect pour les règles de la grammaire peut avoir sa superstition; que d'ailleurs les contemporains de Gicéron n'égalaient pas tous, par la pureté comme par l'éclat, le style de cet écrivain si parfait, devenu pour nous la règle de la latinité. Quelle différence entre lui et Varron, son contemporain, et Vi-
truve, qui Ta suivi de près * ! Enfin, la plupart des formes signalées comme étranges dans le livre de Cornélius ont été employées une ou plusieurs fois par Gicé.ron lui-même. C'est bien peu de quelques mots rares, de quelques formes archaïques, de quelques constructions douteuses ou amphibologiques pour affirmer que Touvrage a été abrégé par Probus. Si un contemporain de Théodose s'était permis ce remaniement, les traces de son intervention seraient plus sensibles, le contraste du ton et de la couleur trahirait facilement Tinhabileté de cette main barbare. Mais le style, par sa simplicité limpide, par son aisance, porte l'empreinte d'un siècle de perfection littéraire. Probus n'a donc été que le copiste de Cornélius Népos ; à celui-ci appartient la responsabilité des mérites et des imperfections de son li^ Si l'écrivain chez Cornélius est, en se élégant et de bonne race, on ne peut dire ( rien soit irréprochable. Sa critique, en effe toujours bien sûre, et les anciens l'avaiei marqué. Aulu-Gelle ne le juge pas sans e mais Pline l'Ancien signale des traditions trop légèrement acceptées par lui, et il s'ét crédulité si facile et si empressée chez un rain du siècle d'Auguste ^ Si Ton compan à celui des écrivains grecs les plus dignes c mieux placés pour bien voir, on reconnai chez lui des erreurs et qu'il a quelquefois ou bouleversé les faits. C'est ainsi qu'il fai personnage de Miltiade, père de Cimon, le de Marathon, et de l'oncle de celui-ci, Milti Cypsélus, prince de Chersonèse ; c'est ainsi
1. Le rapprochement esl de M. Tenffel, Hist. de romaine) t. I, p. 351 (tradacti française, 1819).