Hist. nat.y V
la vie militaire d'Aristide à sa présence à Salamine et à Platée ^ oubliant qu'à Marathon Aristide était un des dix généraux d'Athènes, et qu'il donna le salutaire et patriotique exemple de céder à son collègue Miltiade son jour de commandement. 11 déclare qu'il s'appuiera principalement sur Tautorité de Thucydide, et cependant, contre le témoignage de cet historien, il parle d'une lutte entre Athènes et Corcyre antérieure aux guerres médiques, confondant sans doute les Corcyréens avec les Eginètes ^. Il suppose qu'Admète, roi des Molosses, auprès duquel se réfugia Thémistocle poursuivi, était l'hôte du général athénien, et il ôte ainsi toute vraisemblance et toute grandeur à la belle scène qu'il expose d'après l'historien grec ^
Nous ne poursuivrons pas l'énumération de ces fautes ; nous n'accepterons pas non plus la critique adressée à Cornélius sur le vague de sa chronologie ; nous en chercherons plutôt l'explication dans l'objet de son livre. On peut conclure de sa préface qu'il seproposait de combattre les préjugés répandus à Rome contre la nation grecque et de montrer aux Romains que ce peuple, alors si déchu, avait eu de grands citoyens, de grands généraux, avait donné de sublimes exemples de désintéressement et d'héroïsme. Il n'insiste donc que sur les principaux événements, sans observer rigoureusement l'ordre des dates, sans rechercher une grande exactitude dans le détail des faits : car son livre était moins un travail historique qu'une sorte de morale en action, qu'un recueil de pièces justificatives en faveur de la Grèce.
Des biographies ainsi conçues ne peuvent avoir beaucoup d'intérêt, et Cornélius ne nous attachera