‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 128 sur 433 · Ch. L à LUI · texte numérisé non relu

Ch. L à LUI

4. Ch. XXVI : Neque ilU ad cavendum dolu^ aut astutiœ deerant.

louer la vigilance et la perspicacité du magistrat, défenseur naturel de TEtat.

Mais Salluste, à qui on peut reprocher aussi trop de ménagements pour César, mérite moins Taccusation d'injustice envers les hommes que celle d'inexactitude et d'obscurité dans le récit et l'appréciation des faits. Soit qu'il n'ait pas pénétré le fond des caractères et des circonstances, soit qu'il laisse à la sagacité et à la mémoire de ses contemporains le soin de suppléer ce qui n'est pas dans son livre, il donne une idée vague de la situation ; il laisse sans explication beaucoup d'événements importants. Qu'on Use, par exemple *, rénumération des ressources de Catilina et des appuis qu'il trouvait à Rome. En tête, sont des misérables perdus de crimes et de débauches : accablés de dettes, menacés par les tribunaux, ils ne peuvent se sauver qu'en renversant tout ; ils se serrent autour de Catilina : rien de plus naturel. Que des ambitieux, comme César et Crassus, se placent derrière cette tourbe pour profiter de ce qu'elle aura fait, on le conçoit encore aisément. Mais pourquoi et comment l'alliance des jeunes nobles avec ce ramas de bandits * ? Est-ce imprévoyance ? Est-ce besoin de mouvement et de troubles ? Est-ce lassitude du calme qui a suivi les guerres civiles de Mari us et de Sylla ? On peut le conjecturer, mais Salluste n'en dit rien. Il en est de môme pour ces femmes gagnées par Catilina, qui devaient solliciter à la révolte les esclaves de Rome ^ et mettre le feu aux quatre coins de la ville. Comment pouvaient-elles soulever les esclaves ? Estce parce qu'en leur qualité de maîtresses de maison [maires familiarum), elles avaient plus de rapports

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