Ch. XXIV
avec eux ? Salluste ne le dit pas, ne l'indique même pas. Remarquons en outre que le projet de soulever les esclaves appartient à Lentulus et non à Catilina. Celui-ci refusait de les admettre dans son armée; Lentulus, dans la lettre qu'il lui adressa de Rome et que l'historien a citée *, reproche à son complice ces scrupules inopportuns. Quant à Tincendie, avait-on besoin, pour Tallumer, des femmes et de leurs esclaves ?
Ailleurs, Salluste cite une lettre adressée par Catilina, après son départ de Rome, à Catulus, prince du sénat *. Quels rapports pouvaient exister entre des hommes si différents et^ à ce qu'il semble, d'intérêts si opposés? Salluste nous le laisse ignorer. Pourquoi, au même moment \ le départ subît d'A. Fulvius, fils d'un sénateur, et d'un grand nombre d'autres jeunes gens étrangers à la conspiration, pour Farmée de Catilina? Riai oe l'explique. Partout, dans le récit de SaMoste, se rencontre ce défaut de précision. Toujours prêt à admettre les accusations les plus graves, surtout lorsqu'il s'agit de la noblesse, il jette en passant des phrases comme celle-ci : « Les fils de famille, la plupart nobles, égorgeront leurs pères ^. » Le tableau du cortège de Catilina ne suffit pas, quelque sombre qu'il soit, pour justifier une imputation aussi générale et aussi terrible. Enfin, quand il s'agit du mouvement des idées dans les classes inférieures ^ et de la réaction qui s'opère chez le peuple après les révélations des députés allobroges, on ne voit pas assez comment la populace s'était méprise sur les intentions de Catilina, et comment elle se tourna contre lui,