‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 130 sur 433 · Ch. XLm · texte numérisé non relu

Ch. XLm

.5. Ch. xxxvii, XLvni.

quand elle comprit qu'elle avait quelque chose à perdre parle soulèvement des esclaves et l'incendie de la ville. En un mot, nous ne connaissons pas clairement le mot d'ordre du parti et ce qui réunit autour de Gatilina à la fois tant de nobles et tant de plébéiens.

Dans des sujets analogues, Tite-Live et Tacite sont bien plus explicites. Cicéron même, qui pourtant n'écrit pas pour la postérité, qui parle à des témoins oculaires des faits, explique beaucoup mieux, dans ses Catilinaires, certaines parties de la conspiration. Il énumère * six classes de conjurés : les riches obérés, les ambitieux, les vétérans de Sylla, les banqueroutiers, les criminels et les amis particuliers de Gatilina. Cette division est incomplète : Cicéron ne pouvait nommer les enfants des proscrits, qu'une loi de Sylla avait exclus des charges publiques 2. Mais, bien que de nos jours le lecteur, faute de pouvoir comprendre les allusions de l'orateur, la trouve encore insuffisante, elle est plus satisfaisante et plus claire que les demimots de Salluste. Par le premier, mieux que par le second, nous devinons que Gatilina n'est pas le chef d'un parti politique : il se présente comme le défenseur des citoyens contre l'usure ; il prend pour drapeau l'abolition des dettes ; il prépare ou du moins promet une révolution sociale.

Outre cette faute que la science moderne ne saurait négliger, on peut encore reprocher à Salluste ses digressions trop nombreuses dans un si court récit, et son dénouement si étrangement brusqué. L'ouvrage s'arrête subitement après le tableau du combat où a péri Gatilina. Que sont devenus les restes du parti ?

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