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primait sans doute une opinion commune de son temps quand il l'égalait à Tite-Live, qu'il juge cependant plus utile pour former les enfants*. 11 dit ailleurs que le style de Salluste est évidemment 4ravaillé, et il critique ses préambules étendus, sans rapport avec le sujet *.
Il rapporte cette épigramme qui accuse Salluste d'avoir pillé Gaton : « Et toi, qui as tant dérobé d'expressions au vieux Gaton, Grispus, auteur de Thistoire de Jugurtha'...» Gette afTectation du vieux style a été reprochée souvent à Salluste, notamment par Asinius Pollion, son contemporain. Ge critique mécontent et chagrin, qui n'a épargné ni Tite-Live, niGésar, ni Cicéron, blâmait, non sans raison, chez Salluste l'affectation du vieux style ; mais il l'accusait en outre de puiser dans une collection d'archaïsmes faite à son usage par son maître Atéius, et Suétone proteste contre cette imputation*.
Salluste, qui s'était fait le disciple de Thucydide et surtout de Caton, eut aussi des imitateurs et devint à son tour chef d'école. Nous savons par Sénèque ^ que ses ouvrages avaient mis à la mode les phrases hachées, les chutes brusques et inattendues, la concision poussée jusqu'à l'obscurité. Gomme toujours, les élèves exagéraient les défauts du maître. Tel était un certain Arruntius, auteur d'une histoire des guerres puniques. Sénèque, qui lui donne le surnom de Sallustien, cite des exemples piquants de cette imitation puérile et ridicule. *
L'analyse des ouvrages de Salluste nous a permis