Le Platon des Romains
26 HISTOIRE DE LA LITTERATURE ROMAlN^É
punique en remontant aux origines des peuples qui y ont pris part.
Naevius commençait par une invocation aux Muses, filles de Jupiter; il exposait en historien les motifs qui l'avaient décidé à écrire : « Les ignorants ne peuvent suffisamment comprendre ces faits, et la plupart des hommes s'en rapportent à leurs propres idées *. »
Puis il racontait le départ des Troyens sur un vaisseau construit par Mercure, sous la direction d'Enée et d'Anchise. Les femmes des deux chefs quittent leur patrie • les yeux baignés de larmes et la tête voilée ». Le vaisseau est battu par une tempête, et Vénus va se plaindre à Jupiter, qui la console en lui dévoilant les brillantes destinées de Rome. Les chefs, arrivés en Italie, consultent la Sibylle de Cumes. Il suffît d'avoir lu V Enéide de Virgile pour reconnaître les situations que le grand poète a empruntées à son devancier.
Au second livre, Enée raconte au roi son départ de Troie. Romulus, fils de la fille d'Enée, fonde Rome sur le mont des Oiseaux *, et sur celui des Troupeaux [Balantium ou Palantium) '.
Les origines de Rome ainsi décrites, le poète racontait celles de Carthage. On retrouve dans ses vers les noms d'Anna et de Didon ; mais rien n'autorise à penser qu'il ait inventé les amours de cette reine et d'Enée. Sans doute le rapprochement seul de ces deux personnages a inspiré à Virgile l'idée de son épisode. Le chant se termine par la description et par le départ de la première flotte romaine.
A partir du troisième, on entre d^s les événements
\ . Quod brulei nec satis sardare queunt,
Plerique omoes subjungunt sub suum judicium.