‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 16 sur 433 · A ven^mMS, de aî;«5, oiseau · texte numérisé non relu

A ven^mMS, de aî;«5, oiseau

3. Le mont Palatin, de palantes, animaux qui errent, ou halantes, qui bêlent.

de la guerre punique. Le poète y racontait la victoire navale de Duilius, l'effroi des Carthaginois à la nou- '] velle de ce désastre, la campagne de Sicile en 259 avant J.-C, et, on le suppose, le dévouement du tribun Calpurnius Flamma.

La campagne de Régulus contre les îles de Malte et de Lipari, sa descente en Afrique, la rencontre d'un serpent monstrueux, la défaite de Régulus, son ambassade, le désastre de la flotte romaine dans les parages de l'Afrique^ remplissent le quatrième chant.

On n'a conservé du cinquième qu'un demi-vers ; il paraît se rapporter à la famine que souffrirent les Carthaginois enfermés dans Lilybée en 25) .

Le sixième commençait avec Tannée 249, et s'étendait jusqu'à 241.

On voyait au septième la conclusion de la paix et les récompenses accordées à Hiéron, roi de Syracuse.

Cet essai d'analyse, le seul qui soit permis avec de rares et courts fragments, confirme ce que nous avons déjà dit de Naevius ; il fait de l'histoire plutôt que de l'épopée. Son héros, c'est le peuple romain, et son plan est tracé par les événements. Quant au style, le plus souvent rude, rempli de ces allitérations chères à l'enfance des littératures, et que nous retrouverons chez Ennius, on peut juger par quelques vers que le poète rencontrait au besoin la force, la vivacité et la couleur poétique.

Ennius. -^j^ plus célèbre poète épique de l'ancienne Rome, Q. Ennius^ naquîTvîngt-cinq ans après NJBevius "^ (239)rîT"étaif 3e Rudies en Apulie. Il fut soldat dans sa jeunesse. Caton le remarqua pendant son expédition en Sardaigne, où Ennius combattit avec le grade de centurion ; il l'amena à Rome, et, chose curieuse, il fut le premier patron de cet homme qui, plus encore que Livius et Ngpvius, con^me maître et comme

poète, répaftdit à Rome la civilisation hellénique, et souniit l'idiome grossier du Latium à la discipline de la langue grecque. Peut être Ennius avait-il déjà obtenu le titre de citoyen romain qu'il revendique avec fierté : • Nous sommes Romain, nous qui autrefois étions de Rudies. »

Bientôt il fut recherché par les plus nobles familles, et en particulier par les Scipions, qui les premiers ont encouragé à Rome les progrès des arts de la Grèce. On sait qu'ils voulurent que la statue du poète fût placée auprès des leurs dans le tombeau de la famille Cornélia.Ces amitiés patriciennes refroidirentGaton,et plus tard, lorsque M. Fulvius Nobilior, partant pour une expédition en Etolie, emmena Ennius avec lui, Taustère partisan des vieilles mœurs reprocha au consul de se faire accompagner par des scribes. C'est le nom dédaigneux qu'on donnait encore à Rome aux écrivains de profession.

Le caractère élevé d'Ennius, la pureté de sa vie, la médiocrité dans laquelle il se renferma par esprit de lière indépendance, contribuèrent à sa grande réputation et à la considération qui entoura sa longue vieillesse. D'ailleurs, comme on l'a dit, « il est le plus puissant des ouvriers primitifs de la langue littéraire et de la poésie des Romains ; il en est le vrai fondateur* ». Son talent universel s'étend à l'épopée, à la comédie, à la tragédie, et même à Ja poésie didactique et au genre nouveau de la satire. Aussi pouvaitil se composer à lui-même cette épitaphe orgueilleuse : « Contemplez, ô citoyens, dans cette image les traits du vieil Ennius, C'est lui qui raconta les hauts faits de vos pères. Que personne ne me pleure et n'honore mes funérailles par des cris funèbres. Pourquoi ? C'est que, vivant encore, je vole sur les lèvres des

\. Patin, Etudes sur la poésie latine, t. U.

/hommes. » Il n'était pas plus modeste, lorsqu'il'fa- fl \ contait, dans son premier livre, l'apparition d'Homère : V y le poète « gui fleurit éternellement * » révélait à ^ / Ennius que son âme était passée d'abord dans le corps d'un paon, puis qu'elle venait habiter celui du poète latin. L'admiration des critiques romains s'accorde avec la fierté de ce langage. T^^^.^^^)^ vçit en lui le gère de la poésie romaine : « C'est lui qui, le premier, nous'^ppôfta'a^f'bbcagës de l'Hélicon une couronne au feuillage immortel ^. » Gicéron est pipîn Ha <nr^ souvenir, il le cite sans cesse et le place au rang des plus grands pokes épiques.

Horace lui-même, quoiqu'il fasse ses réserves sur ce point, et qu'il proteste contre les rêves pythagoriciens du poète qui se déclare héritier de l'âme d'Homère, lui est moins défavorable qu'aux autres poètes de l'ancienne Rome. Il a même parlé avec vivacité dans ses odes de ces Muses de Calabre, qui, mieux que les statues ' et les inscriptions, mieux que la fuite et les défaites d'Annibal, mieux que les flammes de Carthage, ont éternisé la gloire de Scipion. Même dans les satires où l'enthousiasme lyrique ne l'entraînait pas, où son rôle de critique et d'adversaire des anciens le rendait sévère, il reconnaît à Ennius la poésie du style; c'est dans son poème qu'il choisit pour opposer à la simplicité prosaïque de la satire l'élévation des genres vraiment poétiques. Qu'on brise la mesure des vers d'Ennius, on trouvera encore, selon lui, les membres dispersés du poète *.

Les Annales d'Ennius. — Le poème qui est resté,

i. Species semper florentis Homeri.

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