‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 151 sur 433 · Agamemnon, y , I90etsuiv · texte numérisé non relu

Agamemnon, y , I90etsuiv

Des Grecs au port d'Aulis l'élite réunie, Les rois, pour conjurer la Vierge- aux-Carrefours, Souillent Tinfàme autel du sang d'iphigénie. Sur ses tempes déjà flottent les blancs atours Suspendus au bandeau qu'à son front on attache. Elle voit là son père, immobile d'horreur, Le couteau que le prêtre à ce malheureux cache, Les larmes que sa vue à tout le peuple arrache, Et sent fuir ses genoux, muette de terreur. La misérable ! En vain c'est elle la première Qui fit entendre au roi le nom sacré de père : On la saisit tremblante, on la traîne à l'autel. Non pour voir accomplir le rite solennel, Et par l'hymen brillant s'en retourner suivie ; Mais nubile, offrant pure au fer honteux sa vip, Tomber, victime en pleurs, qu'un père sacrifie Pour le départ heureux et sûr de ses vaisseaux... Tant la religion put conseiller de maux 1 1

La poésie de Lucrèce, si poignante quand elle combat les croyances qui ont inspiré tous ces crimes, n'a pas moins de puissance et de grandeur lorsqu'elle s'attaque à la crainte de la mort et des supplices du Tartare. Le poète explique par des allégories les fables accréditées par les poètes. Tantale, c'est le malheureux sur qui pèse comme un rocher la peur des dieux; Tityus, c'est celui que dévorent comme des vautours les angoisses des passions. Sisyphe représente Tambitieux briguant sans cesse les faisceaux et les haches, c'est-à-dire poussant avec effort sur la pente d'une montagne une pierre qui retombe toujours et va rouler dans la plaine. Le vase sans fond des Danaïdes, c'est l'âme insatiable que les années, les saisons comblent d'agréments, sans qu'elle ait jamais assez des fruits de la vie ^

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