Vers 3 et suiv
Bucoliques (chants des bouviers), et dont chacune est désignée sous le titre d'églogue [Ecloga^ du grec i7Lko^r\, choix), furent composées de l'an 711 (43 av. J.-C.) à 716 (37). Il est très probable que la seconde du recueil, Y Alexis^ imitée en grande partie de Théocri te ', fut publiée la première. La troisième, Palémon, qui est de 712, est aussi une imitation de Théocrite ^. L'auteur y célèbre déjà son protecteur PoUion : « Follion, fait-il dire au berger Damœtas, aime notre muse, bien qu'elle soit rustique ». Ménalque, l'interlocuteur de Damœtas, répond : « PoUion lui aussi fait des poèmes nouveaux ? ». Et il y attaque deux poètes du temps, Bavius et Mévius *. Ceux-ci sans doute étaient du nombre de ces anciens, ennemis de la nouvelle école dont Pollion, Gallus, Varius faisaient partie, et qui venait d'accueillir Virgile.
La réputation de celui-ci grandit encore par la publication d'une autre églogue tout allégorique, Daphnis, qui est la cinquième du recueil. Les triumvirs venaient de ratifier tous les actes de César. On lui avait élevé une chapelle dans le forum. D'après une croyance populaire, dont sut profiter Octave, le héros avait été reçu parmi les dieux, et aux yeux du vulgaire l'apparition d'une comète prouvait l'apothéose. A partir de cette année (712), on célébra l'anniversaire de la naissance de César au mois Quintilis, qui prit le nom de Julius. Or, César était populaire parmi les habitants de la Gaule transpadane, auxquels il avait accordé, en 705, le droit de cité romaine. Sous le nom de Daphnis, protecteur des bergers de la Sicile, et souvent célébré