‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 166 sur 433 · Vers 84 et · texte numérisé non relu

Vers 84 et

4. Vers 90. Que celui qui ne hait pas Bavius, aime tes vers, ô Mévius.

Qui Bavium non odit, amet tua carmina, Mœvi.

par les poètes bucoliques grecs *, ce fut la mort et Fapothéose de César que chanta Virgile en vers pleins de grâce et d'effusion.

A ce moment, des événements graves vinrent troubler la vie du jeune poète. Les triumvirs, vainqueurs, à Philippes,de Brutus et de Cassius (713-41), partagèrent à leurs soldats les terres des villes italiennes qui avaient suivi le parti des meurtriers de César. Crémone était du nombre, et le territoire de Mantoue, trop voisin de celui de Crémone *, ne fut pas respecté. Un vétéran s'empara du modeste domaine de Virgile. Asinius Pollion, lieutenant d'Antoine, qui allait rompre avec Octave, ne pouvait protéger directement son ami. Il put cependant le recommander à Mécène ; d'ailleurs Alfénus Varus venait d'être chargé du gouvernement de la Gaule cispadane, et il surveillait avec Cornélius Gallus le partage des terres. Tous les deux envoyèrent à Rome leur ancien condisciple, lui ménagèrent un bon accueil auprès de Mécène et d'Octave, et Virgile reprit possession de son patrimoine. C'est cette restitution qu'il célébra dans une nouvelle églogue, Tityre, qui est la première du recueil, mais qui en réalité ne fut composée qu'en 41. C'est là que, sous le nom du berger Tityre, Virgile exprime vivement sa reconnaissance pour Octave, qui « sera toujours un dieu pour lui, auquel il immolera souvent un agneau de sa bergerie, et dont les traits ne s'effaceront jamais de sa mémoire ^ ».

Mais la guerre de Pérouse, qui commença bientôt entre Octave et Antoine, renouvela les dangers de Virgile. Il fut menacé d'une nouvelle spoliation et faillit

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