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même être tué par un brutal soldat, nommé Glodius. L'autorité d'Alfénus Varus, nouveau gouverneur de la province, et celle de Corn. Gallus, ne suffisaient pas à le défendre. Il suivit les conseils de Gallus et alla se cacher à Rome dans la maison de son ancien maître, le philosophe Siron. Il y composa l'églogue de MœriSy qui est la neuvième du recueil. Mœris est un fermier esclave. Il déplore le malheur de son maître Ménalque, c'est-à-dire Virgile, à qui Ton vient d'enlever son champ. Il vante ses vers et en cite quelques-uns adressés à Varus. Il invoque ainsi indirectement le secours de Varus :
Varus, ton nom, si pourtant on nous laisse Mantoue, Mantoue hélas I trop voisine de la malheureuse Crémone, ton nom sera porté par les cygnes jusqu'aux plus hautes régions du ciel *.
Heureusement la paix de Brindes vint sauver Virgile. Les deux principaux négociateurs de cette paix, Mécène pour Octave, PoUion pour Antoine, étaient les plus chauds protecteurs du poète. Dès lors, celui-ci n'eutxplus rien à craindre, et dans une nouvelle églogue, adressée à Pollion, la quatrième du recueil, il célébra en même temps les bienfaits de la paix nouvelle, le consulat de Pollion qui l'inaugurait et la naissance d'un fils du consul, Asinius Gallus. Il semble, en efï'et, qu'il faille accepter, comme la plus simple et la plus probable de toutes, cette explication d'une pièce qui a exercé de bien des manières l'imaginatioa des commentateurs. On a voulu y voir la prédiction de Jésus-Christ. D'après une autre supposition, le poète pensait à l'enfant que Scribonia devait prochainement donner à Octave ; mais comme le nouveau-né fut une fille, la trop fameuse Julie, Virgile alors aurait fait hon-