Odes, I, m. Voir Morceaux traduits, p
semblait embarrassé et gauche dans ses relations de société. On a loué sa sobriété et sa modestie. Il employa noblement sa fortune, et il entoura des douceurs de l'aisance la vieillesse de ses parents, qu'O perdit fort tard.
Cette bonté de caractère n'est pas suspecte h celui qui a lu ses ouvrages. S'il est vrai que l'écrivain se peint dans ses livres, on juge facilement que l'âme de Virgile était belle comme son génie. Il est impossible d'avoir été ému par tant de nobles scènes, d'avoir subi la contagion de cette douce sensibilité, sans mêler à l'admiration pour le poète une tendre sympathie pour l'homme.
Étude des œuvres de Virgile. — Les Bucoliques. — Ce n'est pas dans les Bucoliques qu'il faut chercher la véritable supériorité de Virgile. On sent trop souvent dans ces pastorales le souvenir et l'imitation de Théocrite. D'ailleurs, les bergers du poète grec sont plus vrais, plus naïfs, plus variés, ils ont plus le ton et le langage de leur condition, ils sortent moins de leur rôle, l'art et la convention s'y trahissent bien moins. Les personnages de Virgile ont un caractère plus effacé et plus uniforme : ils parlent trop bien, ils sont trop savants et trop spirituels, l'auteur les a trop polis, il a trop cherché à rendre les forêts dignes d'un consul *. Nous avons vu déjà combien les allusions aux événements contemporains y sont fréquentes. Sous le nom de Daphnis, c'est la mort et l'apothéose de César que célèbre la cinquième églogue. La quatrième sort encore plus du genre de la pastorale ; le poète y chante la naissance d'un enfant destiné à ramener les merveilles de l'âge d'or. Nous