De Claris oratoribus, ch. xix
et le XV'' (guerre d'Etolie) ne dépassaient pas chacun une année de l'histoire contemporaine. Nous savons d'ailleurs j^^nnius compléta plusieurs fois par des suppléments son œuvre qui semblait achevée. Suivant un critique ancien/ Aulu-Géîle * , il avait soixantesept ans quand il écrivit le XVIII'' livre sur la guerre d'istrie. C'est là .sans doute qu'il se comparait au coursier généreux, souvent vainqueur dans la carrière olympique et qui maintenant.se repose épuisé par la vieillesse ^.
Ce défaut de proportion, qui nous blesserait si nous avions l'œuvre d'Ennius, ne pouvait déplaire aux Romains; car c'étaient leurs victoires, c'était leur fortune croissante que le poète retraçait avec complaisance. D'ailleurs ce n'est pas avec des fragments peu nombreux et généralement très courts, que nous pouvons porter un jugement d'ensemble sur le poème d'Ennius. Mais ils suffisent pour faire apprécier les fortes qualités de sa pensée et de son style. Sans doute celui-ci a encore beaucoup de rudesse ; il se ressent de la rouille de l'antiquité. On y trouve des tmèses bizarres ^ , des accumulations lourdes et fati gantes*, des allitérations choquantes ^ de bizarres onomatopées ^ ; mais la grandeur, la force, la grâce
i . Nuits attiqueSy XVU, 21 .
2. Sicut fortis equus, spatio qui ssepe supremo Vicit Olympia, nunc senio confectu' quiescit.
(Cic, De orat., IH, 42.)