‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 19 sur 433 · O^Tite, Iule, Tali, tibi tanla, tyranne, tnlisti · texte numérisé non relu

O^Tite, Iule, Tali, tibi tanla, tyranne, tnlisti

« 0 Titus Talius, as-tu bien pu. tyran, l'arroger de tels privilèges?

6. At tuba terribili sonitu taratantara di\it. Virgile a pris ce vers en corrigeant tarantara :

At tuba terribili sonitu procul sere canoro Increpuit.

même se rencontrent souvent, et l'harmonie n'est pas toujours absente. Le poète a exprimé avec beaucoup de charme l'effet du sourire de Jupiter sur toute la nature : « Jupiter a souri, et partout le ciel s'est animé du rire du Père tout-puissant *. » Un vers plein de douceur annonce les paroles de la nymphe Egérie *. Les regrets que causa la mort de Romulus sont exprimés avec grandeur et pathétique : « Ces cœurs si durs sont en proie à la douleur. Ils s'écrient tous : 0 Romulus ! divin Romulus ! quel défenseur la patrie avait en toi ! Elle t'avait reçu des dieux ; c'est à toi que nous devons le jour, ô notre roi, ô notre père, ô illustre rejeton des dieux ! » Le récit d'un songe, au commencement du premier livre, a beaucoup de simplicité et de mouvement. Dans la vision régnent le désordre et la confusion qui conviennent à un rêve. La jeune Ilia le raconte à sa nourrice avec beaucoup d'effusion, et sous l'empire d'une terreur très vraie. Le vers est souvent trop brisé, les coupes sont peu régulières, il y a loin de là au rythme savant de Virgile ; cependant certains vers ont une charmante harmonie :

Fille d'Eurydice que mon père a chérie, voici que la force et la vie abandonnent tout mon corps. Un homme de belle figure m'est apparu ; il m'entraînait sous l'ombre des saules, sur un rivage et dans des lieux inconnus. Puis seule, ô ma sœur, il me semblait errer, chercher à pas lents tes traces, et mon cœur ne te pouvait trouver ; la terre se dérobait sous mes pas. Puis mon père m'adressait ces paroles : 0 ma fille, tu vas d'abord éprouver des malheurs, puis du sein d'un fleuve s'élèvera ta fortune. A ces mots, ma sœur, mon père disparut tout à coup et ne s'offrit plus à ma vue malgré mes désirs ; en vain je levais les mains

1 . Jupiter hic risit, lempestatesque serense Riserunt omnes risu patris omnipolentis.

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