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6. Le passage de Suétone est obscur; c'est Auguste qui es désigné comme le bienfaiteur d'Horace : « Una et altéra liberalitate locupletavit. »
de la Sabine * ». Il disait ailleurs : « Je n'ai pas à craindre la fâcheuse pauvreté, et je voudrais davantage, que tu ne me le refuserais pas *. » C'est sa retraite plus lointaine et plus solitaire de la Sabine qu'Horace préférait; c'est \h qu'il composa les œuvres de sa maturité, heureux d'échapper dans ses montagnes aux devoirs et aux occupations oiseuses de la ville. Il s'est plu à décrire avec détail ce domaine, situé sur le penchant du mont Lucrétile, près des bords d'une petite rivière, la Digence, non loin du bourg de Mandèle, de la petite ville de Yaria et du temple en ruine de la déesse Vacuna ^.
Horace, on le sait encore par ses vers, fut lié avec les grands poètes et les hommes illustres de son temps. Partisan sincère et convaincu du gouvernement d'Auguste, il a souvent célébré dans ses odes ce pouvoir dont la sagesse rendait à Rome et à l'empire une paix et une prospérité depuis 'longtemps disparues. Mais le poète, à qui Ton a quelquefois reproché ces louanges comme des flatteries , n'a jamais recherché les faveurs et la familiarité du prince. Il s'excusa sur sa santé d'accepter près de lui l'emploi de secrétaire; il attendit, pour adresser à Auguste une de ses épîtres *, que celui-ci lui eût reproché délicatement son silence. Suétone, dans la Vie d'Horace, cite une partie de la lettre de l'empereur au poète :
Sache que je t'en veux de ne m'avoir pas choisi de préférence pour interlocuteur dans la plupart de tes ouvrages en ce genre. Crains- tu donc de te déshonorer auprès de la postérité, en y laissant paraître que tu es notre ami?