Odes, II
3. « Tu me parais craindre que tes livres ne soient plus grands que toi-même; mais si la taille te manque, une certaine ampleur ne te manque pas. Tu pourrais donc écrire même sur un setier (les anciens roulaient leurs manuscrits autour d'un cylindre), pourvu que ton volume regagnât en grosseur, comme ton ventre, ce qui lui manquerait en hauteur. » (Suétone, Vie d*Horace,)
se plaÎQt souvent de la goutte qui le tourmente. D'après ce qu'il nous raconte de sa bibliothèque, de ses esclaves, de ses voyages, des amis et des parasites qu'il reçoit à sa table, il devait avoir une assez grande aisance.
Enjoué, spirituel, malicieux, aussi h son aise dans les relations de société que Virgile y était gauche et emprunté, il avoue qu'il est irascible, tout en ajoutant qu'il se laisse facilement apaiser ^ Son caractère est celui du satirique qui observe et relève malignement les défauts des hommes, plutôt que celui du poète lyrique entraîné par les caprices de l'imagination et par les élans de l'enthousiasme. Aussi, malgré les qualités supérieures de beaucoup de ses odes, jugerons-nous qu'il a réussi avant tout dans la poésie légère et dans ces compositions aimables et doucement railleuses, satires et épîtres, que l'auteur confondait sous le nom général de causeries [sermones).
Œuvres d'Horace. — Ordre chronologique. — Les
œuvres d'Horace, telles que nous les ont transmises tous les manuscrits, sont groupées méthodiquement d'après le genre du sujet et la nature du mètre, sans tenir compte de la date de la publication primitive. Les Odes [carmina], divisées en quatre livres, commencent le recueil, qui continue par le livre des Épodes^ par le C haut séculaire {Carmen seculare), par les Satires Qi par les Épîtres, Seule la longue pièce que l'on connaît en général sous le nom d'Arf poétique se rencontre quelquefois après les Épodes et le Chant séculaire, plus souvent après les Odes,
Mais, nous l'avons dit déjà, c'est par la satire que commença le jeune homme fraîchement revenu de