Odes, m
comme l'attestent plus d'une imitation, plus d'un emprunt. Il désigne souvent ses Odes sous le nom de poème d'Eolie, poème lesbien, se rattachant ainsi directement aux fameux poètes de Lesbos, Alcée et Sapho. Ainsi, c'est la poésie mélique de la Grèce qu'il a imitée ; il n'a point essayé de reproduire la poésie chorique des Stésichore et des Pindare, poésie toute particulière où la musique et la danse avaient une place principale, et qui ne pouvait être transplantée avec succès sur un sol étranger. Horace aussi, mieux inspiré que la plupart de ses contemporains, a cherché ses modèles dans l'âge classique de la poésie grecque. Il a rarement imité la poésie savante d'Alexandrie, quoiqu'il en ait subi rinfîuencé.
Les Épiires, qui furent composées après les trois premiers livres des Odes, appartiennent à la maturité du poète. Le premier livre fut publié sans doute en l'an 20 av. J.-C., c'est-à-dire quand Horace avait quarante-cinq ans. Le Chant séculairey le quatrième livre des Odes suivent de près. C'est par le second livre des Épîtres que se termine la carrière du poète, et c'est là que se rencontrent au plus haut degré les qualités de naturel délicat, d'esprit, de mesure, d'aimable et d'indulgente raison, qui caractérisent avant tout son talent.
En étudiant ces différentes œuvres, nous suivons l'ordre adopté par les manuscrits et par tous les éditeurs modernes.
Pièces lyriques. — Ce titre, si on l'étend à l'ensemble des compositions que nous venons d'énumérer, est justifié surtout par la nature des mètres qu'a employés le poète. Laissant de côté, comme nous l'avons dit, la poésie chorique, qui ne pouvait être transportée dans la langue latine, il s'est attaché à reproduire les strophes rapides et simples de la poésie mélique, et il
a donné droit de cité romaine aux mètres des Archiloque, des Alcée, des Sapho, des Anacréon. De là une grande diversité dans les combinaisons des pièces d*Horace : quelquefois le même vers se reproduit dans toute la pièce ^ quelquefois c'est un système de deux vers alternatifs de longueur inégale *. Tantôt c'est une strophe de quatre vers : les plus souvent employées sont la strophe saphique, créée par la célèbre femme poète dont elle a gardé le nom, la strophe alcaique^ qui porte aussi le nom de son inventeur, et la première et la seconde strophe asclépiades.
Les sujets traités par le poète sont -aussi variés que les mètres dont il s'est servi. Oh se tromperait si l'on cherchait dans un grand nombre de ces pièces le ton élevé et le souffle puissant de ce que les modernes appellent communément une ode. Aux odes sérieuses, inspirées par les événements du jour ou par de grands souvenirs nationaux, religieux, mythologiques, quelquefois littéraires, il faut joindre beaucoup de petites pièces qdi ne diffèrent que par le mètre de la satire et de l'épître, des épî^rammes, des billets pour saluer le retour d'un ami ou se plaindre de son départ, pour convier h un repas quelque personne aimée, pour vanter le charme paisible de la campagne et de la retraite, des chansons de table ou d'amour dans le genre d' Anacréon. Telle est la poésie préférée d'Horace, c'est celle qui dans son recueil tient la plus large place. Nous commencerons par elle notre étude.
Odes familières. — Il ne faut pas chercher longtemps pour trouver dans ces œuvres l'esprit satirique qui est la première et la plus naturelle inspiration du