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niSTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE 385
ami commun Quintilius Varus K Partout c'est l'éloge de la médiocrité, des plaisirs tranquilles de la campagne, l'horreur de cette cupidité insatiable dont le riche tourmente et les autres et lui-même.
Le jour pousse le jour, dit-il à cet insensé; les lunes nouvelles décroissent et meurent. Toi cependant, la veille du trépas, tu fais scier des marbres; il te faut un tombeau, tu bâtis des maisons ; tu presses les vaisseaux pour forcer la mer qui mugit près de Baïes à reculer son rivage; tu serais à l'étroit sur le continent. Que dis-je? on te voit sans cesse arracher les bornes du champ voisin, et t 'élancer dans ta fureur avide au delà des limites de tes clients. Ils fuient devant toi, l'époux et l'épouse, emportant dans leur sein leurs dieux paternels et leurs enfants en haillons. Et pourtant nulle demeure plus certaine n'attend le riche que le séjour inévitable d'Orcus. Où veux-tu aller? La terre s'ouvre également pour le pauvre et pour les enfants des rois, et le satellite de Plu ton, insensible à l'or de Prométhée, n'a point repassé dans sa barque le rusé Titan 2.
Odes sérieuses. — On peut croire que ce n'est point pour obéir à une inspiration personnelle qu'Horace a composé la plupart de ces grandes odes. Riches sans doute en beaux mouvements, en brillantes images, animées souvent par un sentiment vrai, elles laissent voir plus d'une fois la trace de l'efFort; l'art et l'imitation s'y trahissent. Quelquesunes sont purement httéraires, d'autres s'inspirent de souvenirs mythologiques, d'autres ont un caractère purement moral, un grand nombre sont nationales et politiques. Souvent quand Horace chante la grandeur romaine ou déplore les guerres ciyiles, il rencontre des beautés supérieures; mais son rôle de poète officiel, de panégyriste obligé du gouvernement nouveau, donne plus d'une fois à ses odes une allure quelque peu guindée.