‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 196 sur 433 · Odes, IV · texte numérisé non relu

Odes, IV

Et il convie son ami, « dont la lyre est plus puissante », à chanter les exploits et le retour triomphant de César. Il est permis de voir dans cette ode une leçon indirecte au jeune homme, qu'il vante avec quelque ironie, de même que, dans une de ses épitres S il célèbre malicieusement Taudace d'un autre jeune poète, Titius, « dont le nom volera bientôt sur les lèvres des Romains, et qui, dédaignant les lacs et les ruisseaux vulgaires, a bu sans pâlir à la source pindarique ».

Les odes purement religieuses, telles que la pièce du I" livre qui célèbre Diane et Apollon *, telles que celle du IV® livre, en Thonneur des mêmes divinités ^, ou une autre du livre III adressée à Mercure *, sont travaillées avec beaucoup d'art et remplies de traits brillants et ingénieux; mais elles nous laissent froids, car l'auteur se joue au milieu de ces légendes, auxquelles il ne croit guère ; il n'est pas animé par un sentiment personnel et çommunicatif. Bien supérieure est la Prédiction de Nérée^^ empruntée aussi aux souvenirs mythologiques, mais saisissante par une vigueur de style et par un mouvement vraiment lyrique. On y a vu quelquefois une allégorie; sous les noms de Paris et d'Hélène, ce seraient Antoine et Cléopâtre que le poète aurait voulu peindre, c'est au rival d'Octave que s'adresserait la prédiction du dieu marin, Nérée. Cette interprétation de l'ode d'Horace nous semble bien forcée ; on n'y est pas conduit par la lecture de la pièce, que nous avons donnée dans notre Choix de morceaux traduits *.

Page 1