‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 197 sur 433 · Page · texte numérisé non relu

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Les odes philosophiques et morales renferment de grandes beautés. Horace a servi peut-être dans cette partie de ses œuvres, comme dans les odes politiques, les vues de l'empereur qui voulait ramener les Romains à des mœurs meilleures et plus simples. C'est toujours la modération des goûts, le bonheur des fortunes modestes que célèbre et recommande Horace :

Voyez cet homme dont une épée nue menace la tête impie: tous les mets de la Sicile travailleraient vainement à flatter son goût; le chant des oiseaux, les accents de la lyre ne lui rendront point le sommeil. Ce sommeil bienfaisant ne dédaigne pas l'humble demeure de l'homme des champs, ni les ombrages de la rive, ni les vallons où se jouent les zéphirs. Celui-ci ne désire que le nécessaire, s'inquiète peu de la mer en courroux, des vents orageux au coucher de l'Arcture ou au lever du Chevreau, de la grêle qui frappe les vignes, des champs trompeurs, quand l'arbre stérile accuse ou la pluie ou les feux brûlants du soleil ou les ravages des tempêtes. Les poissons se sentent à l'étroit dans les mers comblées par notre luxe. Là s'engloutissent sans cesse des matériaux qu'y précipitent des troupes d'architectes et d'ouvriers sous l'œil d'un maître qui a pris en dégoût la terre. Mais ses craintes, les menaces de sa conscience montent sur sa galère armée d'airain ; le sombre chagrin s'assied en croupe avec lui!... Ah! pourquoi irriter l'envie, en élevant vers le ciel par un effort nouveau de l'art de superbes portiques? Pourquoi échanger mon vallon de la Sabine contre ces trésors d'un poids si lourd*?

Les beaux traits abondent aussi dans l'ode suivante, où le poète exhorte la jeunesse romaine à aimer la pauvreté, à imiter les mâles vertus des ancêtres. Là se trouvent ces nobles pensées :

Il est doux, il est glorieux de mourir pour la pairie. La mort atteint aussi le lâche qui la fuit ; elle n'épargne point les jarrets, le dos timide d'une jeunesse pusillanime.

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